Et puis un jour, on ose relever la tête. Enfin, pour moi, cela s’est traduit comme cela : j’ai commencé à arpenter la vie en ne contemplant plus le sol, courbée que j’étais sous le poids de mon encombrant boulet, mais redressée, regardant les autres dans les yeux, et l’horizon vers lequel j’allais... Un jour, je suis sortie définitivement de l'adolescence. Un jour, je me suis débarrassée des restes d'une relation trop vorace qui avait en quelque sorte phagocyté ma personnalité (qui s'était laissée faire). Un jour, j'ai commencé à secouer les doutes, à me défaire de l'emprise du regard des autres. Y suis-je parvenue ? Pas entièrement ; mais quand on est universitaire, en milieu scientifique, et une femme, il est parfaitement dans la norme de souffrir du fameux (tout autant que controversé et mis à toutes les sauces jusqu'à en perdre peut-être de son sens) syndrome de l'imposteur, et on ne s'en délivre pas d'un haussement d'épaules. Mais c'est de faire les premiers pas qui ébranle tout l'édifice.

[+]