American Rhapsody


 
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[Krazy Kitty sur Twitter]

Le Golden Gate n'a rien perdu de son charme ni Lombard Street de son éclat

Ce titre vous est gracieusement fourni par le jeune homme qui n'a pas su l'apprécier à sa juste valeur en le recevant patiemment inscrit de ma blanche main — et d'un coup de stylo à bille — sur une belle carte postale, en espérant qu'il y ait au moins un amateur de Rouletabille dans l'assistance. Hmpfff.

Il faut dire que je commence à manquer d'inspiration, pour mes titres sur les voyages sur la cité de la baie (mouais, The City by the Bay, ça sonne tout de suite mieux, quand même), le répertoire lyrique s'épuise plus vite qu'on ne le croit, surtout après cinq jours passés à chanter If you're going to San Francisco, be sure to wear flowers in your hair à tue-tête, faux, et en trio. Paix à l'âme de Scott McKenzie, même s'il n'est pas mort — je n'en sais pas plus que Wikipédia sur le sujet.

Donc, San Fran', comme disent les gens d'ici. On se la fait façon journal de bord ?

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Mardi 30 mars 2010
20:53
in Trav'lin' Light

Des étoiles plein les yeux

Je suis rentrée depuis un peu plus de vingt-quatre heures et ne suis toujours pas redescendue de mon nuage. La conférence était excellente, tant sur le plan scientifique que sur le plan humain. J'ai présenté mes travaux à beaucoup de gens intéressés, découvert beaucoup de choses intéressantes, et ai la tête plein d'idées nouvelles et excitantes. Étant partie avec deux collègues-amis, j'ai pu discuter le tout à chaud, ce qui a un intérêt plus considérable que je ne me l'étais imaginé.

Nous avons aussi tous les trois joué les touristes en compagnie de l'amie qui partageait ma chambre d'hôtel et retrouvé des connaissances communes ; il n'y a guère que lors de ma visite du musée d'art moderne que nous nous sommes séparés (l'un parlait possibilités d'embauche avec des industriels et l'autre préparait son exposé).

Cinq jours de science, de balades, de bons restaus, de rires et de conversations à bâtons rompus qui m'ont laissée exténuée (L4-L5, les deux petites mignonnes, en profitant pour se manifester de nouveau) face à une pile quasi-insurmontable de boulot et de corvées mais avec un sourire jusqu'aux oreilles et des étoiles plein les yeux...

Vendredi 26 mars 2010
22:40
in Trav'lin' Light

Toujours droit devant

Prédictions météorologiques pour San Francisco :

18-17-18-17-16

Je n'aurai probablement pas le temps d'aller voir le musée de la Légion d'Honneur que j'avais déjà raté la dernière fois, mais je pourrai je l'espère me rabattre sur les 75 ans du SFMoMA.

Parce que bon :

Le SFMoMA est juste à côté de la conférence, sur le chemin de l'hôtel

Si nous ne sommes pas déjà correspondants épistoliers et que tu meurs d'envie de recevoir une carte d'une des non-capitales de la Californie (non, ce n'est pas Los Angeles non plus), envoie-moi donc ton addresse à krazykitty [arobase] amrhaps [point] net.

Samedi 20 mars 2010
10:21
in Trav'lin' Light

Keeping in touch

Bien sûr, ce que je préfère, en vrai de vrai, c'est d'être avec les gens.

Quiconque m'a entendu marmonner dans le téléphone la semaine dernière que non, décidément, je ne pouvais pas venir, parce qu'il y allait avoir des gens, et que les gens, là, franchement, j'avais pas le courage peut se permettre de hausser le sourcil. Gauche. Par conviction politique.

Je précise donc : pas n'importe quels gens. Les gens bien, seulement. Évidemment.

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Mercredi 17 mars 2010
21:12
in Salt Peanuts

Ma mémoire chante en sourdine

Navigant d'hommage en hommage, de souvenirs en souvenirs, je me rends compte qu'il me faut me dépêcher de faire moi aussi mes hommages avant que toutes les meilleures chansons soient prises.

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Samedi 13 mars 2010
13:58
in Salt Peanuts

Elle bouge encore !

J'écris une demande de financement pour mon projet postdoctoral.

En un peu moins d'un mois, j'ai entièrement inventé un projet de recherche dans un domaine que je connais à peine (un angle d'attaque des problèmes qui m'intéressent radicalement différent de ce que j'ai étudié jusqu'à présent). J'ai rempli des pages et des pages décrivant les qualités scientifiques et techniques de mes travaux de recherche, expliqué pourquoi une collaboration entre moi et le labo qui m'accueillerait serait la meilleure combinaison possible pour poursuivre le projet en question, qui d'ailleurs est le projet le plus excitant au monde et contribuera sans aucun doute à l'excellence scientifique et la compétitivité de l'Union Européenne sur le plan international, et prétendu avoir déjà fait preuve de grandes capacités de réflexion indépendante et de leadership[1].

J'en suis arrivée au point où j'ai suffisamment défendu ce projet (toute seule face à mon écran d'ordinateur, sauf rares mais encourageants — voire flatteurs — commentaires de Peut-Être-Futur-Chef) pour l'aimer presque d'amour et vouloir le mener à bien. Et le premier qui me parle de syndrome de Stockholm, je le tape.

Il me reste un week-end pour reformuler le tout et justifier l'addition d'un thésard[2] au projet (après avoir passé des heures à expliquer la faisabilité du schmilblick en l'état), Peut-Être-Futur-Chef m'ayant fait savoir que finalement, c'était mieux de me payer mon salaire à partir d'une autre bourse et d'utiliser cette proposition là pour financer quelques broutilles genre ordinateur et voyages... et un thésard. Date limite de dépôt : mardi.

Ah, et lundi, je donne un exposé dans notre séminaire départemental, auquel assistera un des membres de mon comité de thèse (et celui qui me fait peur, avec ça). Un week-end de rêve s'annonce donc, juste ce qu'il me fallait pour ne pas trop me faire regretter de ne pas fêter l'anniversaire du Blondinet dans les vignobles de Temecula avec lui (non, je ne suis pas jalouse de la fille qu'il amène avec lui ; ou plutôt je suis jalouse du fait qu'elle ait, elle, un amoureux (potentiel, à ce stade) pendant que moi, je n'ai personne dans les bras de qui m'endormir ; et vaguement triste à l'idée de ne pas passer le week-end à m'amuser avec un de mes meilleurs amis). Et puis d'après la météo il va pleuvoir sans discontinuer... Que d'occasions de m'auto-apitoyer sur ma propre petite personne ! (Mentionnons pour conclure que je viens de me flanquer un coup de poing sur le nez — ou plus exactement un coup de nez sur le poing — en éternuant.)

Tout ça pour aller passer deux ans dans un pays dont je parle à peine la langue (Ich habe fast alles vergessen) et où mon premier achat (après un lit, et encore) sera probablement une lampe de luminothérapie. Achevez-moi.

P.S. : On me fait savoir que le pays en question est fort joli et adapté aux gens qui ne se déplacent pas exclusivement en voiture et a une gauche qui n'est pas à droite de notre petit président de même que l'accès aux soins pour tous, et que ce sont ce genre de raisons qui me font fuir la Californie. Certes mais, si on ne peut plus râler.

Notes

[1] Non, je ne connais toujours pas le mot français correspondant.

[2] Utilisé ici comme masculin neutre, ou comment que ça s'appelle, bien évidemment. J'aurais pu écrire un(e) thésard(e), mais j'ai bien peur que les éternels débats au sujet de la féminisation des noms et autres pronoms neutres ne me semblent qu'une goutte d'eau négligeable dans l'océan de la cause de l'égalité des sexes. Débat que je subis d'ailleurs aussi en anglais, et il faut bien avouer que zie (hybride de she et he) et hir (hybride de her et his) me hérissent le poil, même utilisés pour parler de ces gens pour le moins pas normaux qui ne sont pas fichus d'avoir une identité sexuelle clairement définie, cette indécence.

Vendredi 5 mars 2010
13:14
in A Day At School

Dimanche ensoleillé

Huit solides heures de sommeil, un réveil sans réveil matin, la chambre déjà inondée du soleil qui filtre à travers les stores vénitiens. Une journée passée à écouter du bon rock classique — tape "beatles" dans Pandora, et tu sauras exactement ce que je veux dire. Du boulot abattu, peut-être pas autant que je l'aurais voulu, mais tant que ça avance, hein, et puis une conférence téléphonique optimiste et productive, c'est toujours ça de pris. Un stylo plume nettoyé et alimenté d'une cartouche neuve, et le plaisir de retrouver cette souplesse d'écriture.

Et comme chaque fois que la nécessité s'en fait sentir, Gene Kelly sur ses patins à roulettes (les sensations fortes commencent à 2'20, pour les impatients).

Dimanche 14 février 2010
17:38
in 'S Wonderful

Bah, c'est l'hiver, quoi

Les jours sont encore trop courts et trop souvent pluvieux. « Tu es sûre que tu veux déménager en Allemagne ? » me demande-t-on quand je me plains. Oui, je suis sûre. Avec un peu de chance ils s'y connaissent un peu mieux que les Californiens en isolation thermique et ils ont de vraies façons de chauffer une pièce. Il faudra probablement que je fasse de la luminothérapie, mais je suis toujours partante. D'autant plus qu'il semblerait que ce soit the place to be, l'Allemagne, en ce moment.

Il y a eu la panne matérielle catastrophique dont on se relève tant bien que mal.

Il y a l'écriture de cette proposition de projet de recherche (pour l'Allemagne, justement), qui est à la fois passionnante (je définis mon propre projet !) et épuisante (mais je peux pas définir mon propre projet, je suis trop petite !).

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Mardi 9 février 2010
21:51
in All Of Me

Panique à bord

Mon titre pourrait laisser entendre que je vais parler de l'angoisse générée par l'écriture de ma thèse ou, dans une vision à plus court terme, de devoir trouver une idée de projet de recherche de postdoc dans un domaine qui n'est pas exactement celui de ma thèse, idée de projet suffisamment brillante pour plaire et à mon probablement-futur-chef et aux gens qui liront nos demandes de financement, le tout en quelques jours (je n'ai toujours rien trouvé, même de terne, et j'ai promis d'envoyer une ébauche demain... oyoye).

Même pas.

Je vais vous parler de la peur que tout les informaticiens que je connais ont, enfouie plus ou moins profondément, sans jamais pouvoir vraiment s'en défaire : celle de perdre leurs données, leurs bases de code, leurs serveurs. Une peur qui nous fait tous imperceptiblement blêmir quand quelqu'un raconte comment son disque dur est mort dans la nuit et les photos de l'anniversaire du petit dernier ont disparu corps et bien, de même que quelques années de correspondance électronique jamais sauvegardée et un certain nombre de choses dont l'absence ne se fera durement sentir que bien plus tard.

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Dimanche 7 février 2010
10:46
in Stormy Weather

Une recette de tante Agathe

(Car je ne vois absolument pas pourquoi le fait de ne pas avoir de nièce ni de neveu m'empêcherait d'être surnommée tante Agathe.)

Ingrédients :

  • une poignée de connaissances, dont des amis et des amis à eux
  • de quoi manger (voir plus bas)
  • de quoi boire (compter sur les invités pour amener : Bordeaux, Riesling, cidre sans alcool, et mousseux ; voire du jus de mangue avec le mousseux pour faire des cocktails)
  • une salle à manger revampée pour l'occasion (je recommande la table pliante et le concept de soirée « amène ta chaise »)
  • de la bonne musique en arrière plan (jazz, rock indépendant, rock classique, rien de trop violent, mais c'est pas un enterrement non plus. De Miles Davis à Feist en passant par The Decemberists et Au Revoir Simone, il y a largement de quoi faire).

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Dimanche 31 janvier 2010
22:38
in 'S Wonderful

En ce moment

Je lis

les œuvres de Ross Macdonald, Len Deighton, et Elmore Leonard (mais pas tout en même temps).

J'écoute

Minor Majority, Of Montreal, Porkupine Tree, Angelfish, Léo Ferré, The Nationals, Sarah Vaughan, The Ditty Bops, Absynthe Minded, Mozart, Stamitz, Bill Evans.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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# Tempus Fugit

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