American Rhapsody


 
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[Krazy Kitty sur Twitter]

I'm a Stranger Here Myself

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Dimanche, juillet 5 2009

En parlant de photographie

Que, je te rappelle, c'est par là-bas que ça se passe, les couleurs, les ruelles étroites et les bâtiments délabrés.

Mais il y a quand même des choses qui n'y seront pas. Tout d'abord, pour des raisons techniques, et à mon grand regret, un certain nombre de bâtiments étant bien trop collés les uns sur les autres. Il me faudrait un grand angle, c'est ballot, je n'ai qu'un pauvre point-and-shoot, cours toujours pour les joies du changement d'objectif et du sac photo qui te réveille la hernie discale. Sans oublier le filtre solaire que tu oublies toujours d'enlever quand il ne le faut pas et de mettre quand il le faut. Peu de photos des bâtiments des rues les plus étroites, donc, on le regrettera.

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Dimanche, avril 26 2009

Krazy Kitty fréquente des cinéastes

Bon, d'accord. Un cinéaste. L'ami d'un ami, pour tout dire. (Il est possible que j'aie, dans ma tendre enfance, fréquenté des cinéastes fréquentant eux-même le milieu du théâtre, après tout il est arrivé à mon paternel de jouer un second rôle une fois ou deux dans un téléfilm, et il a bien fallu que quelqu'un les réalise, ces films. Je crois. C'est pas comme si je les avais vus, en fait. D'ailleurs il s'agit peut-être d'épisodes de séries télévisées ?)

Toujours est-il que les deux amis en question (le mien, et le sien) ont fait leurs études ensemble dans une fac qui propose une filière cinéma. (A soixante kilomètres de Hollywood, faut pas s'étonner). Contrairement à la plupart des élèves qui en sortent, l'ami de mon ami est devenu un cinéaste sérieux. Tellement sérieux qu'il a écrit et co-produit un film (indépendant, bien évidemment) qui, après avoir raflé un certain nombre de prix dans divers festivals, sortait au cinéma à Los Angeles vendredi dernier.

Première à laquelle je fus donc collatéralement invitée (le cinéaste débutant ayant promis deux entrées à son ami qui se trouvait être aussi le mien). Le film était bien, pas assez nuancé à mon goût, mais bien quand même, photographie sympa, acteurs doués, mais ce n'est pas de ça que je voulais parler. C'est plutôt de la soirée qui a suivi, dans un bar voisin (à propos duquel il me vient à l'esprit de fortement déconseiller la vodka-tonic avec du tonic plat), avec plein de gens de milieux divers et variés, mais une majorité d'Artistes, quand même. Il y avait aussi un prof de collège, un financier chiant comme la pluie, un gestionnaire de je ne sais même pas quoi, mon ami ingénieur, mais je ne me sentais quand même pas vraiment à ma place. La plupart des gens se désintéressaient de mon occupation une fois le mot « thèse » sorti de ma bouche, ce qui m'a évité la plupart du temps de préciser « en informatique ».

Malheureusement le cinéaste m'a demandé si, comme son ami qui se trouvait être aussi le mien, je fabriquais des têtes nucléaires (je précise que l'ami commun ne fabrique pas des têtes nucléaires, il fait de la fibre optique et de la transmission sans fil, que passion, c'était une blague), et j'ai répondu sans trop réfléchir et comme d'habitude « non, non, moi je guéris le cancer ». Ce qui n'est pas vraiment vrai, mais pas fondamentalement faux non plus. Du coup, mon ami l'ingénieur, dans son enthousiasme probablement à prouver qu'il fréquentait lui aussi des gens intéressants, a trouvé fort ingénieux de rajouter « mais avec des biologistes et des chimistes ! Elle guérit le cancer ! » chaque fois que je prononçais les mots « thèse en informatique » et que le regard de mon interlocuteur s'éteignait aussitôt.

Y compris en me présentant au type à propos duquel il m'avait dit quelques minutes auparavant qu'il avait déjà survécu dix mois à un cancer du poumon en phase terminale pour lequel on lui avait donné deux mois à vivre.

Tsais quoi, la prochaine fois, je me rabattrai sur la tuberculose. Ou alors la recherche médicamenteuse en général, c'est bien aussi.

Samedi, avril 11 2009

Ben alors, on est pas en week-end prolongé ?

Cette année, pour la première fois depuis mon arrivée aux États-Unis, je me moque royalement du fait que le lundi de Pâques soit férié en France et pas ici. (C'est intéressant, d'ailleurs, de voir qu'un pays aussi religieux que les États-Unis a beaucoup moins de jours fériés religieux que la France ; Wikipédia raconte que le vendredi Saint, qui se dit non pas Holy Friday, mais Good Friday, parce qu'il est précédé du jeudi Saint, le Holy Thursday, que franchement je ne sais pas ce qu'il vient foutre là, à part que Wikipédia raconte qu'il s'agit de célébrer la Cène, soit, tant qu'à être morbides autant y aller à fond, le vendredi Saint donc est férié aux États-Unis, ce qui est majoritairement faux à ce que j'en vois, sauf pour la Bourse et quelques écoles primaires.) Parce que moi, en ce dimanche de Pâques, pendant que les gamins seront occupés à chercher des œufs en chocolat, je m'envole pour la Floride.

Rien que de ne plus me trouver qu'à six heures de décalage horaire de la France, ça va me faire tout drôle.

Toujours est-il que si tu es devant ton ordinateur au lieu d'être en week-end prolongé à faire des folies et te tuer sur l'autoroute, tu as probablement besoin d'un petit rappel sur l'histoire de Pâques. (On va parler de la Pâques catholique, hein, la Pâques juive, c'est pas pareil, c'est la sortie d'Égypte.) Attention, accroche-toi à ton routeur, c'est un peu décousu, vu que moi-même je n'ai pas tout compris, et que j'ai un millier d'autres choses à faire. Et je préviens tout de suite, c'est aussi assez irrévérencieux, si vous y croyez dur comme fer je risque de vous offenser et ce n'est absolument pas mon but (malgré de trompeuses apparences).

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Mercredi, mars 25 2009

Survivance

J'ai trouvé un avantage majeur à Salt Lake City : depuis, je trouve Irvine formidable. Il fait beau, le ciel est entièrement bleu, il y a des petits zosieaux qui chantent, les bâtiments ne sont pas décrépis, il y a des gens dehors (même pendant la Spring Break, alors que les vacances tendent à transformer un campus en ville fantôme), et surtout, il ne neige pas. Je surkiffe.

Il faut quand même rendre honneur aux habitants auxquels j'ai eu affaire, ils étaient tous très gentils et serviables. (Je ne sais pas s'ils étaient Mormons ou pas, c'est pas marqué sur leur front, enfin certaines avaient l'air, quand même, avec leurs robes type Petite maison dans la prairie.) Par contre ils ont un sens de l'orientation absolument déplorable. « La prochaine intersection à droite ! » était en fait la deuxième à gauche. « Un bloc vers le sud, un blog vers l'est ! » m'a-t-on annoncé en pointant d'abord le nord, ensuite le sud-ouest.

Par ailleurs les chimistes ont été très gentils avec moi, j'ai rencontré beaucoup de Gens Importants qui m'ont bien aimée, j'ai passé des heures et des heures et des heures debout en costume et talons à parler de ma recherche, et j'ai même pas mourru d'inanition. (J'ai failli. Tout ferme à 22h dans cette ville. Tout.) Je crois que j'espérais un peu plus de révélations niveau science, un peu moins de décrépitude con la neve niveau Salt Lake, mais par contre côté networking (si si c'est comme ça qu'on dit en français aussi) j'ai été largement servie. J'ai même eu la plus longue conversation non-scientifique avec Advisor de ma vie tout entière.

Et maintenant que je suis de retour, je vais pouvoir me remettre à l'aspect pratique de la recherche plutôt que de faire de la comm' à longueur de journée ! Au détail près qu'il faut que je ponde un nouveau poster sur un sujet entièrement différent pour quand je serai en Floride dans quelques semaines... et qu'il est largement temps de mettre à jour mon profil LinkedIn et de harceler tous ces Gens Importants avant qu'ils n'oublient qui je suis.

Dimanche, février 15 2009

Tout va très bien, madame la Marquise

J'évoquais il y a déjà cinq mois la triste situation du budget de l'État de Californie. Depuis, la moitié des banques et compagnies d'assurance du pays ont fait faillite, les États-Unis sont officiellement rentrés en régression, le taux de chômage a atteint des records, et la situation ne s'est pas arrangée.

Le budget n'a toujours pas été voté. Depuis quatorze semaines, un état d'urgence fiscale a été déclaré. « Urgence fiscale » étant, je suppose, une façon polie de dire « les gars, on est vraiment dans la mouise, là ».

L'État le plus riche et le plus potentiellement autonome des États-Unis n'a pas de budget. Moi je n'y connais rien mais je trouve que c'est un peu inquiétant. Quarante-deux milliards de dollars US de déficit, je trouve ça un peu inquiétant ici, même si ça n'a l'air de rien à côté du stimulus économique fédéral. Si c'est ça la réponse à la question universelle, franchement, on aurait tous pu rester sous la couette ce matin.

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Lundi, février 9 2009

La pluie, ça mouille

Une chose qu'on oublie facilement quand on habite dans le sud de la Californie. D'ailleurs, la réaction à la pluie dans le sud de la Californie est à mi-chemin entre celle observée sur la côte d'Azur en cas d'orage et celle observée à Marseille en cas de chute de neige. En un mot : paniiiiique ! Pour tout dire, les gens sensés refusent de conduire quand il pleut, parce qu'on peut compter sur les sud-californiens pour se comporter comme des Brestois sous la neige et créer environ trente accidents de la circulation par kilomètre d'autoroute.

Et aujourd'hui, on a eu une tempête. A l'époque où je n'avais vécu que dans les Basses-Alpes et Paris, j'aurais dit une grosse tempête, mais depuis j'ai habité à Brest et appris qu'une grosse tempête, c'est quand tu ne peux pas tenir debout face au vent (et encore moins respirer). Pour illustrer, j'ai décidé de profiter d'une accalmie pour me rendre au labo, et l'accalmie s'est transformée en chute de grêle en quelques minutes ; je suis arrivée au boulot le jean entièrement trempé sur la face avant (j'allais contre le vent) et forcée de retourner chez moi prendre un pantalon sec de rechange. En plus, les grêlons, ça fait mal. Aussi, j'aurais quelques conseils pour les pauvres sud-californiens si peu habitués à la pluie que j'ai croisé sur le campus aujourd'hui.

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Lundi, décembre 8 2008

Et un raton laveur

Vendredi soir, dans l'appartement situé au rez-de-chaussée de mes copains R et T, vers la fin de la soirée qu'ils ont organisée pour les fêtes, à grands renforts de musique appropriée, lait de poule, rhums-canneberge-gingembre, pop-corn caramélisé, cookies et apple cider (une sorte de jus de pomme non filtré, auquel on rajoute des épices, mais qui n'est pas alcolisé et ne mérite donc pas le nom de cidre en français), sans parler du white elephant (un jeu qui permet de s'échanger des cadeaux généralement peu chers et tout aussi peu utiles) qui m'a permis de remporter un gros pavé à lire dans mes longues soirées d'hiver.

La plupart des (nombreux) invités sont repartis et il ne reste que huit ou neuf d'entre nous. T a libéré le chat qui était enfermé dans la chambre afin de ne pas se faire marcher dessus, la conversation va bon train et je gratouille distraitement l'énorme matou derrière les oreilles. Le fauteuil à bascule sur lequel je me balance vaguement est dos à la porte-fenêtre et le chat observe le monde extérieur.

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Krazy Kitty fête Thanksgiving

Ante Scriptum Ça traine depuis tellement de temps dans mes brouillons, ce truc-là, autant le publier maintenant. Je vous raconte le raton-laveur bientôt (si j'ai le temps).

Et de quatre ! Déjà ? Je suis surprise à la fois d'avoir déjà célébré quatre fois aux États-Unis le quatrième jeudi de novembre et d'être déjà en décembre... je n'ai toujours pas allumé le chauffage. En tout cas je suis familière avec la tradition maintenant. Suffisamment pour avoir accepté d'organiser un repas chez moi... et invité huit personnes. Heureusement je suis loin d'avoir fait toute la cuisine (chacun a participé, et je n'ai pas eu à prendre la lourde responsabilité de la dinde) ; moi je me suis contentée de rendre l'appartement présentable, d'accueillir tout ce beau monde, de servir une sangria à la grenade en guise d'apéritif et de cuisiner une partie des desserts, ainsi que la sauce aux airelles canneberges. Et aussi d'envoyer des emails aux gens pour essayer de faire en sorte que les choses se passent bien, d'avoir le bon nombre de chaises et un menu qui couvre largement la tradition.

C'était très chouette, on a beaucoup ri, beaucoup mangé, tout était très bon et même que les Eagles ont gagné leur match de football américain (car oui, Thanksgiving s'articule autour des quatre F: Food, Friends, Family et Football), ce qui était remarquable pour les deux Pennsylvaniens présents, car cette équipe de Philadelphie est très connue pour sa tendance à mener le jeu pour perdre à la dernière minute (souvent littéralement). En détails :

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Mercredi, octobre 29 2008

Palimpseste

Ante-Scriptum 1 : AmRhaps est très peu accessible en ce moment. Je sais. Mon hébergeur est manifestement victime d'attaques de déni de service et ils ont un peu de mal à faire face.

Ante-Scriptum 2 : Ce qui suit est long. Très long. Mais l'indignation, ça tient chaud l'hiver, et on me dit qu'en France le temps est plutôt maussade en ce moment. Et y a même des « perles » à la fin.

Je sais, je l'ai déjà faite. « Palimpseste » (subst. masc.) Manuscrit sur parchemin d'auteurs anciens que les copistes du Moyen Âge ont effacé pour le recouvrir d'un second texte. Du grec palin, « de nouveau ».

C'est le vendredi 29 août, il y a exactement deux mois, juste avant un long week-end de Labor Day, que j'ai entendu parler pour la première fois de Sarah Palin, lorsque l'annonce a été faite qu'elle serait la vice-présidente de John McCain. J'avais à tort supposé ne jamais avoir entendu parler d'elle simplement parce que je ne suis pas très familière avec la scène politique américaine (après tout, je n'avais jamais entendu parler de Joe Biden non plus) ; et depuis les choses sont allées de mal en pis, comme en témoignent les billets que j'ai posté ici sur le sujet tout autant que les nombreux gazouillis en moins de 140 caractères dont j'ai abreuvé mon twitter. Ce n'est pas pour rien qu'Otir est à la limite de me déclarer obsédée par le sujet !

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Mercredi, octobre 8 2008

Débat présidentiel, le retour.

Alors en fait, les débats, c'est aussi un peu ennuyeux. Voire beaucoup ennuyeux quand les deux débatteurs passent leur temps à utiliser les questions qui leurs sont posées pour rabâcher le même discours entendu depuis le début de la campagne (un peu moins dans le cas de McCain vu qu'il change d'avis comme de chemise, mais on a déjà entendu ses arguments, merci).

Y aurait à dire sur le fait que Barack Obama est apparu très calme, posé, pas démonté une seconde par les commentaires insidieux de John McCain, en un mot, présidentiel. Alors que son adversaire, ben, moins. En dehors du fait qu'il a l'air vieux et fatigué (ce qu'il est), il a été tout autant désagréable dans son insistance à nous appeler tous ses amis (c'est une base solide de jeu à boire, cependant : si tu avales une gorgée de bière chaque fois que McCain dit « my friends », je suis sûre que c'est tout de suite moins ennuyeux) et son mépris apparent pour son adversaire (mépris apparent, mépris apparent, j'exagère, il l'a juste appelé « That one », qui se traduirait facilement par « ce type-là »).

Y aurait à dire sur le fond, aussi, probablement, beaucoup, entre l'économie, la santé, l'énergie et la politique extérieure.

Mais finalement je n'ai retenu, de ces quatre-vingt dix minutes passées sur mon canapé en compagnie de Coloc N°1 et de son petit ami (oui, ceux-là même que j'ai craint un temps être Républicains, mais qui en fait non), c'est que McCain considère l'accès aux soins comme une responsabilité (de qui, va savoir).

...

Et qu'on ait besoin de se réjouir, dans les journaux, sur les blogs, dans les couloirs, « Ouais, t'as vu, Obama il a dit que l'accès aux soins c'est un droit, c'est super, bien envoyé ! », ça me donne un peu envie de pleurer. 2008 dans le pays le plus riche du monde, les gens.

PS : Anna, non, je ne t'oublie pas !

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Terry Pratchett, Tonino Benacquista, Marguerite Duras (mais pas tout en même temps).

J'écoute

Minor Majority, Of Montreal, Nina Simone, Angelfish, Léo Ferré, The National, Sarah Vaughan, The Ditty Bops, Absynthe Minded, Mozart, Stamitz, Bill Evans, The Asteroid Galaxy Tour.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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# Tempus Fugit

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