American Rhapsody
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lundi 27 février 2012
in All Of Me

Aujourd’hui est un slogan publicitaire pour vous vendre

Partie en balade le nez en l'air dans les rues de Paris avec la ferme intention de se perdre, croira avoir atteint son but exactement vingt secondes avant de se trouver à l'angle d'un bâtiment dans lequel un nombre non négligeable de ses amis ont jugé bon, au cours des ans, de faire une partie de leurs études.

Assaisonne tellement bien les crudités que sa grand-mère chasse tout le monde hors de sa cuisine mais la prie de venir faire une petite sauce pour la salade verte, les betteraves, et les carottes, là.

Que demander de plus ?

366 réels à prise rapide — Aujourd'hui en cent mots.

jeudi 23 février 2012
in All Of Me

Aujourd'hui musique

J'ai ouvert la boîte, d'abord les pressions, ensuite la fermeture éclair, enfin la clenche. J'ai ôté le couvre-violon, défait le lien, sorti l'alto. J'ai fixé la barre épaulière, reposé l'instrument. J'ai délogé l'archet, ai tendu et colophané sa mèche. J'ai accordé la bête, aux chevilles d'abord (il semble encore souffrir des dérèglements climatiques d'il y a quelques semaines), puis aux tendeurs.

J'ai fait une gamme, une fois, deux fois, puis une autre.

J'ai déplié la partition, et attaqué la première phrase. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je suis passée à la seconde. Une fois. Deux fois. Trois fois. Dix fois. Soupir.

J'ai tenu vingt minutes, avant de reposer l'alto, détendre l'archet, nettoyer les cordes, ranger la barre épaulière, puis l'alto, nouer le lien, recouvrir l'instrument, fermer la boîte, la fermeture éclair, les cinq boutons pression.

Tout sonnait mal, ni mon archet ni ma main gauche ne m'obéissaient, mes notes étaient fausses, mon épaule et mon poignet gauches bloqués dans des positions résolument inconfortables. Depuis bientôt treize ans que j'ai arrêté ma pratique quasi-quotidienne, c'est souvent à ça que mes tentatives ressemblent.

366 réels à prise rapide

mercredi 22 février 2012
in All Of Me

Aujourd'hui quelque chose d'écrit sur un objet

« Le gel coiffant bambou ressort & brillance donne une fixation souple et permet de modeler et structurer la coiffure. Il donne un nouveau ressort aux boucles. Avec de l'extrait de bambou. Bien fermer le pot après l'utilisation. »

Je sais pourtant pertinemment que ce dont mes cheveux ont besoin, c'est d'un passage chez le coiffeur. J'ai quand même essayé de les mater à l'aide d'un gel acheté il y a longtemps et utilisé deux fois depuis. Verdict : « T'as fait un truc à tes cheveux ? T'as une tête bizarre aujourd'hui ? »

(Quelle merveilleuse traduction de l'allemand, néanmoins, que celle-ci !)

366 réels à prise rapide

mardi 21 février 2012
in Salt Peanuts

Aujourd'hui hygiène

Me trouvant récemment dans le rayon « hygiène féminine » de mon supermarché (qui d'ailleurs s'appelle ici « hygiène » tout court), j'ai attrapé au passage un paquet de protections périodiques qui ressemblait à celui qui traînait chez moi. J'étais pressée, je ne me passionne guère pour les courses en général ni pour ce genre de produits en particulier : mal m'en a pris.

Car j'ai par erreur fait l'acquisition de la version parfumée de l'objet.

Je ne comprends pas. Sans parler du fait que je suis surprise de ne pas m'être encore déclarée allergique à la chose... qui a envie de respirer une bouffée de désodorisant WC à bas pris à chaque fois qu'elle baisse sa culotte ?

366 réels à prise rapide, désormais recensés ici

lundi 20 février 2012
in Salt Peanuts

Aujourd'hui ce qui pourrait me faire passer pour folle

J'hésite.

Le vernis de plusieurs couleurs sur mes doigts.

Mes conversations en frangallemand.

Mon manteau rose avec une écharpe orange et un chapeau bleu dans une ville où on s'habille plutôt en gris.

Le fou rire pris devant Nicolas Sarkozy looking at things, à en avoir les larmes aux yeux (non, je ne sais pas pourquoi).

Ma participation sans faille à la Journée du premier degré sur Internet, menée en avance aujourd'hui-même sur la page Facebook de Pétronille du Beulogue. J'ai failli remplacer ce billet par « Le chemin de l'amour est parfois long et difficile, mais il faut continuer d'y croire. Le nazisme est une période difficile de l'Histoire et il ne faut pas tout mélanger, ne serait-ce que par respect pour les victimes. Enfin voilà ce n'est que mon avis. »

Ou peut-être avoir passé neuf heures de rang à coder aujourd'hui.

Entre autres détails.

366 réels à prise rapide, désormais recensés ici

vendredi 17 février 2012
in Trav'lin' Light

Aujourd'hui certitude absolue

Certitude absolue : je serai aux États-Unis en mai, juste après le second tour de l'élection que vous savez, histoire de pouvoir dire « puisque c'est ainsi je me tire » et d'avoir autre chose à penser.

Certitude absolue : je verrai Bahston, les Grands Lacs, la Californie du Sud, et tout un tas de gens.

Certitude absolue : business et pleasure seront présents en parts d'autant moins égales que le business en de telles circonstances ne saura être qu'un pleasure. Parmi les buts du voyage : tester le plus de canapés ou chambres d'amis possible et ne pas passer une nuit à l'hôtel.

Certitude absolue : mes yeux vont briller.

Restent à déterminer : les dates exactes ; si je rajoute plutôt le Maryland ou plutôt le Delaware à la liste ; et si je passe par New York.

Certitude presque acquise : I'm the luckiest girl on Earth.

366 réels à prise rapide, désormais recensés ici

dimanche 12 février 2012
in I'm a Stranger Here Myself

Aujourd'hui l'imprévu

Après nous être frayé dans la foule un chemin d'autant plus sinueux qu'elle est composée en proportion non négligeable de connaissances variées, nous nous retrouvons à la sortie du concert. Le froid est mordant et nous nous engouffrons dans le café le plus proche. La conversation va bon train et l'endroit se remplit peu à peu pendant que nous sirotons nos bières et thés respectifs.

Tout d'un coup, le son de la télévision monte et les conversations s'estompent en chuchotements hâtifs. Quelques bruit de chaises qu'on réarrange. J'échange un regard perplexe avec le jeune homme à ma gauche. Puis son visage s'éclaire et il articule, dans un souffle : Tatort. Je comprends : la série policière favorite des Allemands vient de commencer.

Il n'est plus question de discuter. Quelques minutes plus tard, nous payons dans un chuchotement et nous éclipsons en silence. Les trois salles du bar sont pleines. Tous les regards sont rivés à l'écran.

samedi 4 février 2012
in 'S Wonderful

Aujourd'hui ça me regarde

Le chef d'orchestre, quand je débarque avec vingt minutes de retard parce que je me suis brillamment perdue après avoir raté mon bus — regard noir.

Le trompettiste arrivé en même temps que moi — regard amusé.

Le premier violon solo, en coulisse, quand elle me donne un la et que mon alto lui répond un ré dièse (il faisait froid, en coulisse) — regard perplexe.

Ma copine de pupitre, pour son premier concert en temps qu'altiste — regard inquiet.

La chef de pupitre d'alto — regard complice.

Plusieurs centaines de personnes, dans la salle de concert la plus prestigieuse de la ville — regard attentif.

Les amis venus me voir sur scène (moi et une soixantaine d'autres instrumentistes, plus environ autant de choristes), à la sortie du concert — les yeux qui brillent.

L'un d'entre eux, me demandant comment on fait, pour arriver à jouer tous ensemble — regard admiratif.

366 réels à prise rapide via Araignée et Zelda

vendredi 3 février 2012
in A Day At School

Aujourd'hui question idiote

« Qu'est-ce que tu en penses ? »

J'en pense que tu ne peux pas être sérieux. J'en pense que j'en suis sur le cul. J'en pense que je ne viens pas de passer sept heures à bosser et cinq de plus à musiquer pour trouver dans ma boîte mail des suggestions aussi ridicules.

J'en pense que tu es la victime d'un mélange particulièrement déplaisant d'arrogance, de paresse, et d'un sens des priorités douteux. J'en pense que tu refuses d'admettre que tu es dépassé. J'en pense que tu essaies de sauver la face en racontant n'importe quoi sur un ton suffisant à des gens dont tu espères qu'il ne le remarqueront pas. En fait, je suis à deux doigts d'en penser que tu n'essaierais pas quelque chose d'aussi indécent si les gens en question n'étaient pas des nanas.

J'en pense que tu as le culot d'essayer d'entraîner tes collaborateurs et, pire, des personnes que tu es supposé encadrer, guider, superviser, dans ta mégalomanie. J'en pense que tu es en train de dresser des barrières impardonnables entre ton groupe et le genre de choses solides qu'il veut faire.

J'en pense aussi que je m'en veux énormément d'avoir laissé la situation atteindre ce stade déplorable.

Et j'en pense, malheureusement, que j'ai tout intérêt à ne pas te le dire de façon si crue si je ne veux pas finir avec dans mes roues le genre de bâtons que tu jettes dans celles de ce type qui ose te « répondre ». Bien que je crève d'envie de te dire tout le mépris que j'ai pour les chefaillons qui abusent de leur autorité. Et malgré tout, tu sais quoi ? J'en pense aussi que tu ne m'as encore jamais vue vraiment en colère. Accroche-toi à ton feutre à tableau, mec.

366 réels à prise rapide via Araignée et Zelda

dimanche 29 janvier 2012
in Salt Peanuts

Panne d'inspiration

Cinquante anniversaires.
Un dragon d'eau.
Cinquante dragons, et une année dans l'eau.
Une armée de cinquante dragons d'eau.
D'eau ? Le Manzanares, la fontaine de Cibeles.
D'eau, dos, do, de haut, que d'os !
Ô dingos ô châteaux,
Do ré mi fa sol la si do.


Pablo comme Neruda,
Et Pablo comme Picasso,
Picasso mange la pomme et la pomme lui dit merci,
Un cheval-caisse et des tiroirs de course.
Dragon dragonne cavalier dans son sabre empêtré
Des cartes d'eau un dragon à jouer.
Un dragon en jouet, un dragon enjoué.
Quel dragon enfumé !


"Today is a lovely day to run"
...
I don't know what the lyrics are
"A room full of dust and a broom to sweep up"
Courir, marathoner
Cartes postales, cartes à jouer.
J'ai beau chercher, je ne trouve pas comment lui souhaiter.
A moins que, peut-être, en anglais ?


For Pablo's fiftieth birthday
I must find an elegant word play
Failing which, my promise I would betray
The shame of it could well never fade away
Yet, wish him many happy returns of the day!


Fiat Lux divers et très frais

  • 3 paragraphes en cinquante mots chacun, un quintil (sur une rime) de 8 + 9 + 10 + 11 + 12 = 50 syllabes, en acrostiche ;
  • Jean-Patrick Manchette ;
  • Packing Blankets (pas trouvé meilleure qualité sonore, mais le petit lutin aléatoire qui sévit dans mon ordinateur a véritablement passé cette piste pendant que je m'escrimais) ;
  • La promenade de Picasso ;
  • Dans ma maison

Epilogue

Et le lecteur aura compris pourquoi je laisse généralement ma poésie dans les cartons empoussiérés de mon adolescence auxquels elle appartient. (Et oui, ça se passe à peu près comme ça dans mon cerveau.)

Je lis

Surtout des polars. À l'occasion, des romans de fantasy loufoque, du théâtre, de la littérature chinoise traduite en italien (j'ai des amis formidables), des vrais livres bien écrits.

J'écoute

of Montreal, Caravan Palace, the Ditty Bops, Dango Reinhardt, the National, Minor Majority, Léo Ferré, Beethoven, Sonny Rollins, Laura Marling, Erlend Øye, Hjaltalin, Sufjan Stevens, Yuri Bashmet. Entre (nombreux) autres.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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