Ce qui ne m'a pas empêchée de trouver de nombreuses raisons de dire du mal, depuis les pièces de monnaie avec des canards, des skieurs ou des élans dessus (et la Reine d'Angleterre de l'autre côté, bien évidemment) jusqu'aux noms des rares enseignes qu'on ne trouve pas aux États-Unis en passant par le curling[1] et les bars qui passent les matchs de hockey.

Force m'est néanmoins de constater que j'ai beaucoup aimé Vancouver, et ses habitants qui m'ont semblé mêler une réelle gentillesse à l'habituelle mélasse nord-américaine, celle qui fait que des gens qui ne se souviennent même pas de ton nom t'accueillent comme une amie intime et que les caissiers du supermarché te demandent toujours comment s'est passée ta journée. Les mauvaises langues prétendent que c'est parce que la consommation de cannabis est dépénalisée dans la ville (ou l'état ?) ; je préfère supposer que c'est tout simplement qu'il est plus facile d'être courtois et détendu quand on n'a pas à s'inquiéter de faire faillite au moindre souci de santé ; à chacun son dada politique.

Par ailleurs le pub sur Cambie et Cordova (qui doit s'appeller quelque chose comme Cambie) m'a été éminemment sympathique.

Et côté tourisme, c'est à peu près tout ; les photos que j'ai eu le temps de voler sont chez Flickr. Y a des méduses, des maisons en pain d'épice, et tout plein de reflets de bâtiments dans l'eau ou dans d'autre bâtiments, vas-y voir, c'est joli.

Côté science, j'ai encore le cerveau en ébullition (j'écris ce billet en guise de pause dans la mise au propre de mes notes pour le bénéfice du labo) ; les conférences dans ce genre, c'est un peu le gavage des oies de Noël, mais à coup de machines de Boltzmann, apprentissage semi-supervisé, distances de Kullback-Leibler, Bayes, noyaux, chaînes markoviennes, propagation de croyance, acronymes barbares, et autres concepts dont je ne connais même pas le nom français... s'il en existe un. J'ai vu plein de choses intéressantes, dont quelques unes qui pourraient avoir trait à ma recherche, et j'ai réfléchi jusqu'à m'en faire des nœuds aux axones (c'est du moins l'impression que ça donne).

Côté networking, relations humaning, et toutes ces choses bizarres que, oh, j'ai pas choisi un boulot stéréotypiquement fait par des asociaux pour passer cinq jours à faire des sourires aux Gens Importants et leur passer des petits fours, ah bah si, de temps en temps, il faut se vendre, je ne m'en suis pas trop mal sortie. Je comptais sur Advisor pour me faire présenter à plein de grands pontes, résultat, il est resté chez lui (« ça, c'est parce qu'il t'avait promis de discuter fin de thèse avec toi », aura-t-il été insinué), mais j'ai malgré tout rencontré pas mal de monde (Ex-Advisor était là, ça a aidé).

Tout ça n'est que broutilles quand on considère que j'ai passé un excellent dîner avec un monsieur dont le labo m'intéresse beaucoup, son post-doc, et une de ses thésarde (qui est une copine à moi ce qui ne gâche rien), à parler de ma thèse et à l'écouter faire des efforts pour me convaincre de rejoindre son labo qu'il est trop bien (petit, jeune, dynamique, au sein d'un groupe fort reconnu avec quelques gros pontes) pour travailler sur un sujet qu'il est trop bien, mais qui n'est pas exactement ce pour quoi son labo m'intéressait, mais qui ferait très joli sur mon CV, d'autant plus que j'ai déjà abordé le sujet lors de mon stage cet été. Enfin, ça, c'était quand on ne parlait pas des différences culturelles entre l'Amérique du Nord et l'Europe et pour dire que oui vraiment, j'avais raison de vouloir rentrer. Bref, le genre d'entretien que je recommande chaudement, surtout devant un steak aux champignons avec pomme de terre cuite au four et une bière pression locale (Whistler Pale Ale en l'occurrence). Faut que je réfléchisse un peu, que je discute avec Advisor, puis qu'on trouve des sous, tout ça, mais bon, j'avoue, j'ai fait la danse de la joie dans la salle de bain.

Goutte de rhum dans la salade de fruit, j'ai même retrouvé quelques amis, dont Alexandre qui s'obstine à tout faire comme moi y compris assister aux mêmes conférences. Râle pas Alexandre, je te préviens, j'ai une photo de toi en train de lire une liste de matchs de hockey, si ce n'est pas compromettant je ne m'y connais pas.

En somme, malgré le temps que j'ai passé à râler que j'ai froid, mon nez va tomber, j'ai faim, il fait trop sec dans l'hôtel, c'est trop tôt pour dîner, j'ai soif, pourquoi y a plus de café, je suis fatiguée, je comprends rien, j'ai mal aux pieds, pourquoi ça dure si tard, y a toujours trop de gens devant le poster qui m'intéresse (merci les gens de m'avoir supportée, quoi) comme on dit dans certains recoins du oueb, squeeeee!

Notes

[1] Il parait que la France est bien placée dans je ne sais quelle compétition de curling ; personnellement je refuse d'admettre que la France ait une équipe de curling et encore plus qu'elle soit bien placée.