American Rhapsody
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vendredi 27 août 2010
in Stormy Weather

Avec ta gueule de métèque

L'autre jour une copine dont la voiture arbore encore un autocollant de campagne de Barack Obama et qui avait osé klaxonner une conductrice qui roulait trop lentement sur la file de gauche a eu la surprise de s'entendre crier dessus, une fois à la hauteur du véhicule enfin rabattu sur la file de droite, « nigger! nigger! nigger! » par la conductrice tirée à quatre épingles mais hors d'elle.

La copine en question, au passage, est blanche comme une aspirine, étant d'origine suédoise ; son fils est métis, cela dit, chose que l'aimable mégère ne pouvait pas deviner, et qui ne change rien à l'affaire.

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mercredi 25 août 2010
in All Of Me

Cinq bougies

Première bougie

Deuxième bougie

Troisième bougie

Quatrième bougie

C'est en me sentant déjà un pied hors de la porte (américanisme de bon aloi), entre les quelques cartons déjà faits, les soirées de départ qui s'organisent, les messages d'Advisor qui me rappelle de faire ceci ou cela avant de partir, la visite pré-déménagement de ma résidence demain, et un Los Angeles - Paris en poche que je marque la fin de cette cinquième année aux États-Unis.

Je suis sûre de m'épancher plus avant quand j'aurai un peu de temps devant moi ; je suis prise dans le tourbillon de la préparation de ma soutenance, qui me laisse à peine réaliser que d'ici quelques semaines je fermerai la porte de mon appartement californien pour la dernière fois. Le grand sourire que mon retour en Europe et les projets associés me flanquent sur la figure ne change rien aux pincements de cœur que j'éprouve à l'idée de ne plus être parmi les amis que je me suis fait ces cinq dernières années, de ne plus faire partie du labo où j'ai eu la chance de faire ma thèse, de ne plus retrouver chaque semaine mon club de tango argentin et mon club de swing... je garderai de magnifiques souvenirs de ce pays où je ne crois pas pouvoir rester longtemps heureuse et des gens formidables (et majoritairement décidés à y rester définitivement) que j'y ai rencontré.

Un bref aperçu de mon calendrier :

  • 31 août : soutenance (croisez vos doigts de pied, touchez du bois, portez un cierge à la Bonne Mère, envoyez des ondes positives, que sais-je, mais pensez fort à moi) ;
  • 13 septembre : retour des clés et départ pour un grand voyage à la découverte de plein de bouts des Stazunis (je vous raconterai) ;
  • 5 octobre : vol Los Angeles-Paris ; arrivée, donc, le 6 octobre en fin de matinée, l'œil vitreux et l'aisselle moite, et départ immédiat pour le sud via la gare de Lyon.
mardi 17 août 2010
in A Day At School

Note de service

Juste pour vous faire savoir que ça y est, j'ai rendu mes devoirs. Un beau pdf de 193 pages et 4,7 Mo, et une chierie à imprimer.

Au risque de décevoir ceux qui s'attendaient à ce que ça me rende euphorique : non. C'est maintenant qu'elle est entre les mains des gens qui vont la juger que je me sens le plus nerveuse, quoique je sois surtout épuisée.

Je crois que je vais aller me coucher. Une fois que j'aurai fait les courses que je repousse depuis si longtemps qu'elles ne peuvent vraiment plus attendre, là.

mardi 10 août 2010
in A Day At School

Conseils pratiques pour la rédaction d'une thèse

Et voilà que tout d'un coup je dois rendre ma thèse d'ici une semaine.

L'objet est près de son terme ; un beau bébé de 196 pages en comptant les tables des figures et autres pages de dédicace, ce qui fait beaucoup même en prenant en compte le fait que le format imposé (marges, interlignes, taille du texte) a probablement été mis au point par un bibliothécaire presbyte et astigmate et bien décidé à déforester la planète, thèse après thèse.

Les gens de mon labo (enfin, ceux qui trainent dans le coin, et en cette période estivale ils ne sont pas bien nombreux) m'encouragent dans cette dernière ligne droite en me donnant leurs bons conseils, sur la base de « de toute façon Advisor ne la lira pas, ta thèse ».

« Et "I smoke crack rocks", tu as pensé à l'inclure, au moins ? »

« Si un paragraphe t'embête, remplace-le par lorem ipsum, au lieu de te casser la tête. »

« Bien sûr que yadi yada c'est une tournure scientifique »

« Ben finis dimanche soir et viens à la plage avec nous lundi ! »

Je suis pas rendue.

dimanche 25 juillet 2010
in All Of Me

Krazy Kitty vide ses étagères

Tu n'es pas sans ignorer, lecteuse, lecteur, que mon séjour en Californie commence à sérieusement toucher à sa fin. J'en profite d'ailleurs pour te mettre les dates clés :

  • lundi 16 août (environ) : remise du manuscrit
  • mardi 31 août à 11h : soutenance
  • mercredi 8 septembre à 17h : date limite de remise des différents formulaires (et de la version finale de la bête) aux instances administratives
  • lundi 13 septembre à 17h : remise des clés de mon appartement
  • du lundi 13 septembre au lundi 3 janvier : vacances, voyages, farniente, visite de la famille et des amis, recherche d'un appartement en Germanie, déménagements, etc.
  • lundi 3 janvier : début de mon postdoc.

Ainsi donc, entre deux sessions à tapoter à l'ordinateur au grand dam de ce crétin de canal carpien, je commence doucement à trier et faire des cartons. Or tu n'es pas sans ignorer non plus, lecteuse, lecteur (insère ici le clin d'œil appuyé de ton choix), que les livres, ça prend de la place et ça pèse.

Ça n'a pas été facile et je devrais probablement écrémer un peu plus (voire radicalement plus), mais j'ai réussi à faire une pile de livres dont je suis prête à me séparer, d'un fort beau gabarit ma foi. J'ai réussi à en fourguer ici et là, aux copains et grâce à Freecycle, mais il m'en reste encore un sacré paquet. 10 kilos, pour tout te dire.

Et c'est pourquoi je te les propose aujourd'hui, en échange uniquement des frais de ports. Je réalise bien que lesdits frais de ports, si tu habites en Europe, ne sont pas particulièrement avantageux... menfin jette un œil tout de même, veux-tu ? Il s'agit de sauver des livres ! Et comme je t'aime bien, je garantis que j'ai entre bien aimé et adoré chacun des livres listés ici et qu'ils sont tous en très bonne condition (la plupart comme neuf, pour tout te dire : je prends soin de mes livres, mais ils ont parfois eu un ou plusieurs propriétaires avant moi).

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vendredi 23 juillet 2010
in Stormy Weather

La République nous appelle

Quand j'étais au Danemark, dans un de nos cours/séminaires sur le thème de la collaboration entre personnes de cultures différentes (oui, j'ai suivi un cursus particulièrement passionnant ; un jour un type a passé une heure trente à nous expliquer que la sphère personnelle avait un diamètre différent selon les cultures), pour illustrer le fait qu'une personne venant d'un pays différent pouvait vous insulter sans le faire exprès (alors qu'entre gens du même pays, non, ça n'arrive jamais ?), la prof (néerlandaise je crois) nous avait dit qu'en France, on pouvait faire à peu près tout et n'importe quoi avec le drapeau sans profondément déranger qui que ce soit, alors que dans nombre d'autres pays plus petits, moins influents et à l'histoire moins ancienne (ainsi que les États-Unis), ben non.

Really? s'étaient exclamés la plupart des élèves, incrédule, à l'exception de nous autres Français, complètement indifférents.

C'était il y a longtemps, c'était en 2004.

De nos jours, si un photographe publie, au passage dans le cadre d'une exposition sur le politiquement incorrect, la photo d'un type en train de se torcher avec le drapeau français, un-fait-divers-une-loi se dépêche de nous instaurer le délit d'outrage au drapeau tricolore qui manquait gravement à la tranquilité de notre République.

Le gouvernement et la classe politique, eux, restent libres de défèquer à qui mieux mieux sur les valeurs de notre République (c'était quoi, déjà, notre devise ? « Un pour tous, tous pour un » ? Ah non, je confonds, toutes ces œuvres de fiction...) et sur la France que je considère la mienne.

PS: c'est bien raconté chez Maitre Éolas mais tenez-vous à l'écart des commentaires. (Néanmoins : mes deux grands-pères ont fait la guerre de 39 et ont reçu chacun la croix de guerre ; je me permets de douter que ça ait été pour empêcher qu'un type en prenne un autre en train de on s'essuyer les fesses dans le drapeau en photo.)

mardi 20 juillet 2010
in Salt Peanuts

Le canal carpien illustré

Avec, en prime, ma fort précise recette de houmous (en anglais dans le texte, si vraiment vous voulez une traduction, dites-moi).

Avant :

Recette du houmous écrite avant attaque du canal carpien

Après (enfin, pendant) :

Recette du houmous écrite après attaque du canal carpien

Heureusement que je n'ai pas essayé de toucher mon alto.

mardi 29 juin 2010
in Salt Peanuts

C'est pas fini, de faire des bêtises ?

La réponse, bien évidemment, est non.

Mon corps a décidé de me faire savoir que je travaillais trop ; ne pouvant se servir du prétexte désormais usé de la hernie discale vu que je la soigne aux petits oignons, il a décidé d'aller voir de l'autre côté de mon arbre généalogique et m'en a ramené un syndrome du canal carpien de derrière les fagots. J'ai une attelle des plus élégantes pour m'empêcher de bouger le poignet et ordre de manger de l'ibuprofène à cœur joie (400mg trois fois par jour, quoi) et d'utiliser l'ordinateur le moins possible.

C'est donc ainsi que je me retrouve à bloguer.

De la main gauche uniquement, et pour vous faire part de mes bêtises : afin de limiter mon utilisation de la souris, j'ai fait l'acquisition d'une tablette graphique bas de gamme, alors même qu'Emma, auteur de l'excellent bien qu'anglophone ''Belgian Waffle, demandait à ses lecteurs de dessiner tout comme elle leur été idéal.

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vendredi 4 juin 2010
in A Day At School

Frénétiquement

La date (le 31 août) et l'heure (11h) sont fixée. La salle (celle que je n'aime pas tellement parce qu'elle n'a pas de fenêtre mais dans laquelle tous mes prédécesseurs ont soutenu et que je connais d'autant mieux que nous nous y réunissons une fois par semaine) est réservée. On passe à la vitesse supérieure.

J'écris, je code, je compile, je documente, je calcule, je légende des figures, je gribouille à toute vitesse sur des feuilles volantes. Je passe en moyenne dix ou onze heures par jour dans mon bureau, sauf le samedi, et travaille encore de la maison. Je suis parmi les tout premiers arrivés le matin et quasiment toujours la dernière à partir le soir.

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dimanche 23 mai 2010
in All Of Me

I won't dance, how could I?

Well, I could.

Il y a eu les conversations téléphoniques avec la famille et des amis de longue date. Les messages, brefs mais du genre qui réchauffent le cœur, venus des quatre coins de l'Internet mondial. La visite de mon amie L, une discussion de plusieurs heures, une promenade dans l'air froid d'une fin d'après-midi grisâtre. Le soutien des collègues et des colocs, qui m'ont laissée m'épancher à l'envi sur lui, ma famille et la distance, qui ont su comprendre que non, je ne voulais pas vraiment parler de quoi que ce soit d'autre et encore moins changer subtilement de sujet, et qui ont supporté mon manque de patience flirtant dangereusement avec l'impolitesse la plus abrupte.

Et puis il y a eu la danse.

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Je lis

Surtout des polars. À l'occasion, des romans de fantasy loufoque, du théâtre, de la littérature chinoise traduite en italien (j'ai des amis formidables), des vrais livres bien écrits.

J'écoute

of Montreal, Caravan Palace, the Ditty Bops, Dango Reinhardt, the National, Minor Majority, Léo Ferré, Beethoven, Sonny Rollins, Laura Marling, Erlend Øye, Hjaltalin, Sufjan Stevens, Yuri Bashmet. Entre (nombreux) autres.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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