American Rhapsody
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mardi 6 avril 2010
in Stormy Weather

Conte cruel

C'est une histoire qui a commencé il y a quelques semaines. On a soudain appris que le lycée agricole d'Itawamba, dans le Mississippi, voyait d'un tel mauvais œil qu'une de leurs élèves, Constance, veuille se présenter au bal de fin d'année (le fameux bal de prom' dont les films hollywoodiens nous gavent) accompagnée non d'un adolescent boutonneux mais d'une adolescente potentiellement tout aussi acnéique (détail que les journaux ont, de manière surprenante, passé sous silence) qu'ils ont décidé d'annuler le dit bal. Un bal de prom' n'est pas l'endroit où afficher sa dépravation lesbianique, enfin. [Source]

D'ailleurs, on lui refusait aussi le droit de se présenter au dit bal en costume trois pièce plutôt qu'en robe de soirée.

Et pas n'importe quelle robe, je suppose, au vu des récents déboires des quelques élèves du lycée d'Oxford (dans l'Alabama, ne confondons pas) qui, ayant osée se présenter à leur bal de prom' vaguement décolletées, se sont retrouvées sévèrement réprimandées et à devoir choisir entre quelques jours d'exclusion et... un châtiment corporel[1]. [Source]

Et puis tant qu'on y est à parler de bals de prom' dans le Sud profond des États-Unis, il me faut mentionner l'exemple du lycée de Turner County (en Géorgie), qui a attendu 2007 pour avoir son premier bal de prom' intégré, c'est-à-dire où Blancs et Noirs soient ensemble plutôt que d'assister à des fêtes séparées. [Source]

Pour en revenir à Constance, l'affaire a fait beaucoup de bruit dans l'Internet mondial, la demoiselle a été invitée à des émissions télévisées, en particulier celle d'Ellen DeGeneres, la lesbienne préférée des Américains, et bien vite on apprenait que puisque le bal de prom' du lycée était annulé, les parents d'élèves en organisaient un eux-mêmes pour leurs chérubins, auquel Constance et sa petite amie étaient bien évidemment invitées.

Toutes ces histoires de bal de prom' remontaient à la surface, les bras m'en tombaient, et j'essayais de ne pas trop leur prêter attention tellement je les trouve perturbantes, exemples trop parfaits de ce qui va mal dans ce pays, et cibles trop faciles de mon indignation.

Et puis j'ai appris ce soir que le bal auquel Constance et son amie ont été invitées, ben, c'était pas un vrai bal. C'était un fake. Il n'y avait qu'elle, son amie, et cinq autres lycéens (dont au moins deux parias en difficulté d'apprentissage), plus quelques profs pour chaperonner le tout. Pendant ce temps, le reste du lycée faisait la bamba dans un endroit tenu secret, bien à l'abri de tout ce lesbianisme malsain. Et à qui voudrait invoquer la cruauté des adolescents les uns envers les autres, je tiens à rappeler que la vraie soirée était organisée par leurs parents. [Source]

Alors certes, j'ai les nerfs un peu à fleur de peau, en ce moment. Et j'ai moi-même un lourd passé de fille pas-comme-les-autres, et encore aujourd'hui parfois des difficultés à être toujours sûre que les gens m'invitent à leurs soirées pour de vrai plutôt que pour se moquer de moi. Mais en lisant cet article, j'ai été choquée de la cruauté de ces lycéens et de leurs parents ; et pour Constance, son amie, et la poignée d'ados qui se sont pointés à la mauvaise adresse, j'ai pleuré.

Notes

[1] une fessée administrée à l'aide d'un instrument qui ressemble à la partie plate d'une rame — ou à une planche à pain étroite et peu épaisse —, qui parait-il s'appelle paddle en français tout comme en anglais. N'étant pas versée dans le domaine, je ne saurais dire. Le rapport avec Kid Paddle est obscur. Cela étant, une fessée pour punir des jeunes filles de s'être habillée de façon trop sexy ? C'est quoi, un scénario de film porno sans imagination ?

dimanche 4 avril 2010
in A Day At School

Objectif : soutenance

Advisor et moi avons fixé la semaine du 30 août 2010 pour ma soutenance de thèse (si les autres membres de mon comité confirment).

D'ici là, il me reste à :

  • publier un article (à moitié prêt) sur mon projet avec M ;
  • passer 6 à 8 heures par semaine, pendant encore 8 à 9 semaines, dans un laboratoire expérimental, à voir un peu comment se passent les choses de l'autre côté du miroir ;
  • essayer de mon mieux d'arriver quelque part (de préférence, à un brouillon d'article) avec les simulations que je fais pour le laboratoire expérimental en question ;
  • soumettre à publication un article de plus sur mon projet préféré (celui dont je me suis retrouvée à parler à la dernière minute à San Francisco) ;
  • si possible, soumettre à publication un article de plus avec M ;
  • écrire ma dissertation, qui est à l'état pitoyable de pile de notes mal agencées et pas suffisamment détaillées.

Et, au passage, postuler pour quelques sources de financement de plus pour mon postdoc.

Je ne sais pas ce que je suis le plus : (1) angoissée, (2) accablée par l'ampleur de la tâche, (3) ravie d'avoir une date, (4) excitée à l'idée de ce qui viendra après, ou (5) d'attaque et prête à relever le défi ? Quoi qu'il en soit, j'ai 20 semaines.

dimanche 4 avril 2010
in Trav'lin' Light

Get off the bandwagon and put down the handbook

Je croyais être à court de chansons, mais en fait, non. Continuons donc le récit de mes folles aventures là-haut dans le nord.

Mardi matin, science (précédée d'un réel bien que peu goûteux petit-déjeuner). Plein de choses passionnantes pour des chémoinformaticiens de notre acabit, mais de peu d'intérêt pour le lectorat assidu de ce blog. Nous soupirons tous trois de concert lors des inévitables questions qui assaillent le type qui vient de présenter la suite logicielle open source produite par son entreprise, sur l'éternel mode du « mais si vous le distribuez gratuitement, comment gagnez-vous de l'argent ? ». Nous prenons fébrilement les mêmes notes, marque certaine de nos centres d'intérêts communs, et pouffons sous cape, peu charitablement, lorsqu'un chimiste se débat avec des concepts mathématiques qui le dépassent un peu.

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jeudi 1 avril 2010
in Trav'lin' Light

Un lundi au soleil

8h45 : « Ouiii, Chloé, on sait qu'il fait beau ! » m'interrompt M avant de me demander si je n'aurais pas plutôt lu des détails sur le passage de la réforme de la santé. Je lui réponds que les Républicains et leurs partisans dans toute l'Amérique, surtout profonde, en plus d'être la même bande de dangereux cinglés qu'à l'habitude, sont furieux qu'on ose leur imposer des lois tellement communistes qu'elles permettent à plus de gens d'accéder à l'offre du secteur privé et en mangent leurs chapeaux, ce qui ne laisse rien présager de bon. Qui a besoin d'un café le matin quand je suis là pour remonter les gens ?

9h00 : Flûte, on a choisi une séries d'exposés de pauvres, y a pas de café. La science, sans café, c'est plus difficile que la finesse politique.

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mardi 30 mars 2010
in Trav'lin' Light

Le Golden Gate n'a rien perdu de son charme ni Lombard Street de son éclat

Ce titre vous est gracieusement fourni par le jeune homme qui n'a pas su l'apprécier à sa juste valeur en le recevant patiemment inscrit de ma blanche main — et d'un coup de stylo à bille — sur une belle carte postale, en espérant qu'il y ait au moins un amateur de Rouletabille dans l'assistance. Hmpfff.

Il faut dire que je commence à manquer d'inspiration, pour mes titres sur les voyages sur la cité de la baie (mouais, The City by the Bay, ça sonne tout de suite mieux, quand même), le répertoire lyrique s'épuise plus vite qu'on ne le croit, surtout après cinq jours passés à chanter If you're going to San Francisco, be sure to wear flowers in your hair à tue-tête, faux, et en trio. Paix à l'âme de Scott McKenzie, même s'il n'est pas mort — je n'en sais pas plus que Wikipédia sur le sujet.

Donc, San Fran', comme disent les gens d'ici. On se la fait façon journal de bord ?

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vendredi 26 mars 2010
in Trav'lin' Light

Des étoiles plein les yeux

Je suis rentrée depuis un peu plus de vingt-quatre heures et ne suis toujours pas redescendue de mon nuage. La conférence était excellente, tant sur le plan scientifique que sur le plan humain. J'ai présenté mes travaux à beaucoup de gens intéressés, découvert beaucoup de choses intéressantes, et ai la tête plein d'idées nouvelles et excitantes. Étant partie avec deux collègues-amis, j'ai pu discuter le tout à chaud, ce qui a un intérêt plus considérable que je ne me l'étais imaginé.

Nous avons aussi tous les trois joué les touristes en compagnie de l'amie qui partageait ma chambre d'hôtel et retrouvé des connaissances communes ; il n'y a guère que lors de ma visite du musée d'art moderne que nous nous sommes séparés (l'un parlait possibilités d'embauche avec des industriels et l'autre préparait son exposé).

Cinq jours de science, de balades, de bons restaus, de rires et de conversations à bâtons rompus qui m'ont laissée exténuée (L4-L5, les deux petites mignonnes, en profitant pour se manifester de nouveau) face à une pile quasi-insurmontable de boulot et de corvées mais avec un sourire jusqu'aux oreilles et des étoiles plein les yeux...

samedi 20 mars 2010
in Trav'lin' Light

Toujours droit devant

Prédictions météorologiques pour San Francisco :

18-17-18-17-16

Je n'aurai probablement pas le temps d'aller voir le musée de la Légion d'Honneur que j'avais déjà raté la dernière fois, mais je pourrai je l'espère me rabattre sur les 75 ans du SFMoMA.

Parce que bon :

Le SFMoMA est juste à côté de la conférence, sur le chemin de l'hôtel

Si nous ne sommes pas déjà correspondants épistoliers et que tu meurs d'envie de recevoir une carte d'une des non-capitales de la Californie (non, ce n'est pas Los Angeles non plus), envoie-moi donc ton addresse à krazykitty [arobase] amrhaps [point] net.

mercredi 17 mars 2010
in Salt Peanuts

Keeping in touch

Bien sûr, ce que je préfère, en vrai de vrai, c'est d'être avec les gens.

Quiconque m'a entendu marmonner dans le téléphone la semaine dernière que non, décidément, je ne pouvais pas venir, parce qu'il y allait avoir des gens, et que les gens, là, franchement, j'avais pas le courage peut se permettre de hausser le sourcil. Gauche. Par conviction politique.

Je précise donc : pas n'importe quels gens. Les gens bien, seulement. Évidemment.

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samedi 13 mars 2010
in Salt Peanuts

Ma mémoire chante en sourdine

Navigant d'hommage en hommage, de souvenirs en souvenirs, je me rends compte qu'il me faut me dépêcher de faire moi aussi mes hommages avant que toutes les meilleures chansons soient prises.

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vendredi 5 mars 2010
in A Day At School

Elle bouge encore !

J'écris une demande de financement pour mon projet postdoctoral.

En un peu moins d'un mois, j'ai entièrement inventé un projet de recherche dans un domaine que je connais à peine (un angle d'attaque des problèmes qui m'intéressent radicalement différent de ce que j'ai étudié jusqu'à présent). J'ai rempli des pages et des pages décrivant les qualités scientifiques et techniques de mes travaux de recherche, expliqué pourquoi une collaboration entre moi et le labo qui m'accueillerait serait la meilleure combinaison possible pour poursuivre le projet en question, qui d'ailleurs est le projet le plus excitant au monde et contribuera sans aucun doute à l'excellence scientifique et la compétitivité de l'Union Européenne sur le plan international, et prétendu avoir déjà fait preuve de grandes capacités de réflexion indépendante et de leadership[1].

J'en suis arrivée au point où j'ai suffisamment défendu ce projet (toute seule face à mon écran d'ordinateur, sauf rares mais encourageants — voire flatteurs — commentaires de Peut-Être-Futur-Chef) pour l'aimer presque d'amour et vouloir le mener à bien. Et le premier qui me parle de syndrome de Stockholm, je le tape.

Il me reste un week-end pour reformuler le tout et justifier l'addition d'un thésard[2] au projet (après avoir passé des heures à expliquer la faisabilité du schmilblick en l'état), Peut-Être-Futur-Chef m'ayant fait savoir que finalement, c'était mieux de me payer mon salaire à partir d'une autre bourse et d'utiliser cette proposition là pour financer quelques broutilles genre ordinateur et voyages... et un thésard. Date limite de dépôt : mardi.

Ah, et lundi, je donne un exposé dans notre séminaire départemental, auquel assistera un des membres de mon comité de thèse (et celui qui me fait peur, avec ça). Un week-end de rêve s'annonce donc, juste ce qu'il me fallait pour ne pas trop me faire regretter de ne pas fêter l'anniversaire du Blondinet dans les vignobles de Temecula avec lui (non, je ne suis pas jalouse de la fille qu'il amène avec lui ; ou plutôt je suis jalouse du fait qu'elle ait, elle, un amoureux (potentiel, à ce stade) pendant que moi, je n'ai personne dans les bras de qui m'endormir ; et vaguement triste à l'idée de ne pas passer le week-end à m'amuser avec un de mes meilleurs amis). Et puis d'après la météo il va pleuvoir sans discontinuer... Que d'occasions de m'auto-apitoyer sur ma propre petite personne ! (Mentionnons pour conclure que je viens de me flanquer un coup de poing sur le nez — ou plus exactement un coup de nez sur le poing — en éternuant.)

Tout ça pour aller passer deux ans dans un pays dont je parle à peine la langue (Ich habe fast alles vergessen) et où mon premier achat (après un lit, et encore) sera probablement une lampe de luminothérapie. Achevez-moi.

P.S. : On me fait savoir que le pays en question est fort joli et adapté aux gens qui ne se déplacent pas exclusivement en voiture et a une gauche qui n'est pas à droite de notre petit président de même que l'accès aux soins pour tous, et que ce sont ce genre de raisons qui me font fuir la Californie. Certes mais, si on ne peut plus râler.

Notes

[1] Non, je ne connais toujours pas le mot français correspondant.

[2] Utilisé ici comme masculin neutre, ou comment que ça s'appelle, bien évidemment. J'aurais pu écrire un(e) thésard(e), mais j'ai bien peur que les éternels débats au sujet de la féminisation des noms et autres pronoms neutres ne me semblent qu'une goutte d'eau négligeable dans l'océan de la cause de l'égalité des sexes. Débat que je subis d'ailleurs aussi en anglais, et il faut bien avouer que zie (hybride de she et he) et hir (hybride de her et his) me hérissent le poil, même utilisés pour parler de ces gens pour le moins pas normaux qui ne sont pas fichus d'avoir une identité sexuelle clairement définie, cette indécence.

Je lis

Surtout des polars. À l'occasion, des romans de fantasy loufoque, du théâtre, de la littérature chinoise traduite en italien (j'ai des amis formidables), des vrais livres bien écrits.

J'écoute

of Montreal, Caravan Palace, the Ditty Bops, Dango Reinhardt, the National, Minor Majority, Léo Ferré, Beethoven, Sonny Rollins, Laura Marling, Erlend Øye, Hjaltalin, Sufjan Stevens, Yuri Bashmet. Entre (nombreux) autres.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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