American Rhapsody
F.A.Q. | Contact | Mastodon | Liens | In English
lundi 2 novembre 2009
in I'm a Stranger Here Myself

Mariage de Toussaint — Épilogue

La cérémonie s'est très bien passée, et je n'ai été vaguement mal à l'aise que lorsque le père a conduit sa fille à l'autel — il y a manifestement des fois où le guide de la parfaite petite féministe semble me coller à la peau, et où je vois « symbole de la société patriarcale » clignoter en signes lumineux géants là où d'autres ne voient que le respect d'une tradition.

L'endroit était très joli, lovely, lovely, tout autant en fin d'après midi qu'une fois la nuit tombée, avec ses lampions en papier de riz et ses petits lampadaires blancs. Tout le monde avait belle allure, la nourriture était délicieuse et les cocktails aussi, les discours émouvants, et la musique presque pas trop guimauve.

En bref, ça se serait vraiment très bien passé si je n'avais pas eu l'idée déplorable d'aller seule à un mariage où je ne connaissais que des couples. Rester seule dans un coin à regarder mes jolies chaussures pendant slows au clair de lune, après avoir passé la soirée à évoquer des amours éternelles, des joies partagées et des épreuves à traverser avec le soutien l'un de l'autre, c'était un peu trop pour mon petit cœur d'artichaut.

Mais au moins j'avais un beau chapeau.

Joli chapeau

dimanche 1 novembre 2009
in I'm a Stranger Here Myself

Mariage de Toussaint

Aux États-Unis, il n'y a guère que les Mexicains pour fêter la Toussaint. Les autres préfèrent concentrer leur énergie sur Halloween, l'occasion de s'empiffrer de sucreries industrielles, se déguiser (de préférence de façon putassière pour les filles), et se bourrer la gueule en toute simplicité. Mon interprétation personnelle de la fameuse French maid (quand y a plus de bonnes, y a plus de bourgeois) a néanmoins eu un franc succès.

La Toussaint étant donc un dimanche comme les autres sans réelle connotation de tristesse, décès, deuils, et autres recueillement, il est donc tout à fait possible de s'y marier. Je suis donc invitée à un mariage.

[+]

dimanche 25 octobre 2009
in Stormy Weather

Allez vous faire piquer, et plus vite que ça

Mes petits, vous me peinez.

Je croyais qu'il n'y avait qu'aux États-Unis que les théories anti-vaccins fleurissaient et s'épanouissaient avec entrain. Mais force est de constater, d'articles de journaux en billets de blogs, et de conversations en conversations, que les Français se méfient aussi. Le Français se méfie, c'est bien connu, il râle, aussi, et il est tout le temps en grève. Et le Français préfère prendre ses décisions médicales après avoir écouté sa coiffeuse ou sa boulangère plutôt que de faire confiance à son médecin, qui ne cherche qu'à l'arnaquer, c'est bien connu.

Le Français me fatigue, pour tout dire.

[+]

vendredi 16 octobre 2009
in All Of Me

Couleurs d'automne

Couleurs d'automne

Couleurs d'automne

Ça devrait s'oxyder un peu plus dans les jours qui viennent. Et la lumière des petits matins secs et déjà presque chauds de la Californie du Sud est assez sublime.

(Photos vite faites à bout de bras, la qualité s'en ressent forcément.)

vendredi 9 octobre 2009
in I'm a Stranger Here Myself

Superman reçoit le Nobel de la Paix

Oui, je sais, tout le monde est au courant. N'empêche que ce matin j'ai d'abord cru à un canular. Obama, prix Nobel de la Paix ? Et pourquoi pas Al Gore, tant qu'à faire ? (Ah, ben non, d'jà fait.)

J'ai donc essayé de comprendre d'où la chose venait. Qu'a donc fait notre sémillant messie pour se voir ainsi distingué (et couvert de couronnes qui, précisons-le, seront intégralement reversées à des organismes caritatifs) ? Récompensé pour « avoir créé un nouveau climat international » ? Ça n'était pas vraiment herculéen, il suffisait de ne pas être George Bush. Ce qui est tout à fait méritoire, mais de là à recevoir une distinction ?

[+]

dimanche 4 octobre 2009
in All Of Me

Bien rentrée

Deux semaines. Je viens de vérifier sur le calendrier, ça fait deux semaines que je suis rentrée. J'ai l'impression de ne jamais être partie ; mon séjour en Israël, l'intensité de cet été (« j'ai pensé plusieurs fois que tu étais un peu folle de partir comme ça ; moi je n'aurais pas pu », m'a-t-on dit, sans se douter qu'entre le séjour en Israël et les quelques jours en famille, c'est de loin les derniers qui ont été les plus éprouvants) m'apparaissent comme une lointaine parenthèse, et j'ai retrouvé sans heurt le fil de la vie que j'ai construite ici.

Le labo n'a pas bien changé ; deux doctorants devenus docteurs un peu avant mon départ, quelques nouveaux thésards, rien qui ne m'affecte directement. Je continue de faire avancer mes deux projets principaux, l'un à trafiquer des orbitales atomiques avec le gars du bureau d'à côté, l'autre à faire des maths avec un coauteur qui a quitté le labo depuis plus de deux ans. Un autre projet, en collaboration avec des biologistes, que j'avais cru décédé après des expériences infructueuses et le changement de labo du thésard qui les avaient menées, est remonté à la surface, pour mon plus grand plaisir malgré la charge de travail supplémentaire.

[+]

lundi 28 septembre 2009
in Stormy Weather

Chère Madame La France

Madame,

Si je voulais continuer de couler mes jours, paisiblement, aux États-Unis, en surveillant d'un coin de l'œil les sénateurs se mettre sur la gueule pour débattre de si oui ou non c'est une bonne idée de donner aux gens l'accès à des soins pour lesquels ils n'ont même pas payé, les sales pauvres, je pourrais.

[+]

vendredi 25 septembre 2009
in Stormy Weather

Comme une manif aux Zamériques

Je dis du mal des manifestations américaines. C'est mal. Ils ont beau dire que les Français ne foutent rien qu'à défiler dans la rue au lieu de travailler plus pour gagner moins et ne pas avoir de couverture santé, ils savent se démerder quand ils y mettent le cœur. Les images qui me viennent à l'esprit remontent à la guerre du Vietnam, certes, un petit peu d'Irak, allez, et oublions les teabaggers deux minutes si vous le voulez bien. Mais ce n'est pas une raison.

[+]

lundi 21 septembre 2009
in A Day At School

Objectif: 2010

L'année scolaire vient de commencer.

J'ai raté la rentrée administrative, qui était la semaine dernière, et ne signifie absolument rien pour les thésards passée leur première année. Les undergrads, ces étudiants à peine sortis du lycée et qui me semblent chaque année plus immatures et irritants, preuve s'il en est que je suis une vieille conne[1] and get off my lawn, ont déjà envahi le campus au plus grand désarroi des amateurs de calme asociaux que nous autres thésards sommes bien connus pour être.

Les cours commencent jeudi et l'heure est aux retrouvailles, aux cahiers neufs, au redémarrage des clubs, aux fêtes de début d'année, et aux planifications en tout genre. Je me suis donc réunie avec Advisor dans le calme de mon bureau (qui est désormais à moi, rien qu'à moi, ricanements maléfiques inclus...) pour tirer des plans. Toujours pas de date de fin très précise, nous déciderons à Noël, selon l'avancée d'un de mes projets ; cependant, je peux commencer à chercher un post-doc à commencer à une date encore indéterminée mais qui devrait se situer aux alentours de juin, peut-être septembre 2010.

Jeune et sémillante doctorante, experte en tapage sur petites molécules et décompte d'orbitales atomiques, parlant couramment l'anglais, le français et le marseillais, ayant une bonne connaissance de l'allemand enfouie quelque part dans un repli de son cerveau, comprenant assez bien l'espagnol et l'italien pourvu qu'ils soient parlés par des gens dont ce n'est pas la langue natale maternelle, cherche post-doc quelque part en Europe, hors pays au nord de Hambourg, surtout s'il s'agit du Danemark, et de préférence à Paris.

Yapuka.

Notes

[1] en référence au terme de Vieux Con qui désigne dans mon école d'ingénieurs télécommunicants complètement à l'ouest les élèves en fin de parcours qui n'y peuvent pourtant pas grand chose si c'était mieux de leur temps (eux, par exemple, sont parti en voyage d'intégration à Prague, au lieu d'un misérable week-end sur la côte Atlantique...).

jeudi 3 septembre 2009
in 'S Wonderful

Lehitraot

Il y a eu mon dernier exposé.

Il y a eu des heures passées à transmettre mon code et à documenter.

Il y a eu les cadeaux d'adieu, depuis le très beau jouet inclus dans ma bourse aux livres soigneusement choisis par mes collègues.

Il y a eu le dernier déjeuner, deux heures trente dans un restaurant genre, mémorable.

Il y a eu les formalités administratives de fin de contrat à m'en taper la tête contre les murs.

Il y a eu la banque qui voulait que je ferme mon compte en personne alors que la boîte ne pouvait me payer mon salaire de septembre qu'en octobre et en Israël.

Il y a eu un micmac de visas qui m'a retourné l'estomac, résolu en grande partie grâce à Surchef. (Merci, merci, merci.)

Il y a eu l'assurance que l'on s'attendait fermement à ce que je revienne une fois ma thèse finie... « Juin 2010, on prend date ! »

Il y a eu le moment de déconnecter ma dernière session SSH après avoir tout nettoyé derrière moi, des fichiers devenus inutiles aux permissions d'accès.

Il y a eu le moment de rendre mes trois badges et la clé de ma boîte aux lettres.

Il y a eu le moment de prendre ma tasse au logo de l'entreprise et de faire le tour des bureaux pour dire au revoir... et à jeudi prochain (puisque j'ai accepté d'aller déjeuner avec l'équipe une dernière fois).

Mon stage est fini, que les vacances commencent ! Ce soir, Jérusalem. Dimanche, la Jordanie. Mercredi, Massada. Et vendredi... Paris !

Je lis

Surtout des polars. À l'occasion, des romans de fantasy loufoque, du théâtre, de la littérature chinoise traduite en italien (j'ai des amis formidables), des vrais livres bien écrits.

J'écoute

of Montreal, Caravan Palace, the Ditty Bops, Dango Reinhardt, the National, Minor Majority, Léo Ferré, Beethoven, Sonny Rollins, Laura Marling, Erlend Øye, Hjaltalin, Sufjan Stevens, Yuri Bashmet. Entre (nombreux) autres.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

Mentions (presque) légales

Blog garanti sans conservateurs.
Déconseillé aux moins de 36 mois.
A manipuler avec précaution.
Attention, chaton méchant.*
 
* Rayer les mentions inutiles.