American Rhapsody
F.A.Q. | Contact | Mastodon | Liens | In English
lundi 19 janvier 2009
in 'S Wonderful

MLK Day

C’était le soir béni où l’air était tiède et sentait la montée de sève. Le soir attendu où la fenêtre était enfin ouverte et où je brûlais d’envie d’être en manches courtes. Dans les hauts-parleurs dont le volume était réglé légèrement plus haut qu'à l'habitude, Buddy Guy se lamentait sur le sort de Louise McGhee (à moins que ce n'ait été celui de Sally Mae). C'était tout récemment : la Californie du sud a une sorte de pré-printemps en janvier, qui fait éclore toutes sortes de fleur et pointer le nez à nos premières tomates de balcon.

C'était le soir béni où je savais que j'allais pouvoir remiser au placard pour quelques semaines manches longues, bottes et autres écharpes. Un de ces rares soirs où je n'avais pas l'impression que quoi que ce soit d'autre que d'écouter du blues trop fort la fenêtre ouverte en racontant des bêtises ne requière mon attention immédiate. Le soir où R. m'a déclaré pour la millième fois sans plus y croire que j'allais essayer le tango argentin et où, à sa grande surprise, j'ai répondu que oui, bien sûr, j'allais essayer le tango argentin. Ce genre de soir léger et insouciant.

[+]

vendredi 16 janvier 2009
in All Of Me

Catching Up

La tripoteuse de tête est rentrée de vacances. On se revoit donc, dans le moelleux de son cabinet. Tout est doux chez elle, les tapis, le fauteuil, son sourire, ses yeux. Pas sa voix. Elle a le phrasé râpeux. Toujours au bord de la quinte de toux. Pas qu'elle fume, non; elle a juste cette voix de chanteuse de blues qui surprend chez une blonde à la peau pale.

Nous sommes assises par terre (je préfère), les pieds ramassés sous nos jambes, chacune confortablement installée avec des coussins, les mains autour d'une tasse de thé noir fumant. Earl Grey pour moi, Darjeeling pour elle.

On commence par le boulot, bien sûr. Les frustrations, le temps passer à tourner et retourner des phrases jusqu'à ce qu'elles veulent bien prendre le sens exact de ce qu'elles doivent dire, et l'impression parfois de ne lever le nez du guidon que pour se voir défiler à trop grande vitesse sur une pente abrupte. Le plaisir, par contraste, toujours intact, de travailler dans telle équipe, de prendre part à tel projet, d'avoir une expérience qui réussit enfin, d'apporter sa pierre à l'édifice.

[+]

jeudi 15 janvier 2009
in Salt Peanuts

La Cumparsita

Oups, ça fait bizarre, non?

Avant, il me parlait de mon succès assuré en amour, de mon impatience coupable au travail, de mes relations sociales asymétriques et là, une citation sur les gens qui se croyaient indispensables. Alors que j'étais dans ses bras, concentrée sur chacun de ses gestes, pendue à ses paroles. Et le tout à voix haute, devant une bonne trentaine d'autres personnes.

[+]

mardi 13 janvier 2009
in Trav'lin' Light

Dans les rues de Paris (fleurit une chanson)

Lundi, je fus prise d'un grand coup de blues. Alors je suis allée faire un tour du côté de mes balades adolescentes.

Ce qui ne fut pas bien difficile car je les ai empruntées récemment, aussi bien seule qu'en excellente compagnie, ces rues de Paris dans lesquelles je trainais plus jeune au lieu de plancher ma physique. (Je détestais la physique. Sauf l'optique, la thermodynamique et peut-être l'électromagnétisme par jour de grand vent.) A l'époque, les pellicules coûtaient cher, le développement aussi, et je prenais rarement mon appareil photo. Mais cet hiver, surtout quand c'était seule que j'arpentais la ville et ne me risquais à aucune impolitesse, j'ai gardé une main crispée sur mon appareil numérique.

Images.

[+]

lundi 12 janvier 2009
in Salt Peanuts

Deux petites mignonnes

Et si, je me disais l’autre jour après avoir entendu une programmation musicale appropriée, et si la femme des “yeux révolver” (Marc Lavoine) et la “femme libérée” (Cookie Dinger) était une seule et même personne. Je me rends compte que ce ne serait pas plus mal, vu qu'elles ne sont pas rendues, les pauvres.

Ici un petit aparté pour expliquer que la programmation musicale en question était diffusée au bistrot du coin de la rue où je logeais chez mon paternel, et que le taulier, dans une fière tradition de garçon de café parisien désagréable qui te donne plutôt envie de te brûler la langue dans ton enthousiasme à te débarrasser de l'expresso mal passé qui fait la gueule dans une tasse plus très blanche, laisser quelques billets sur la table et te tirer sans prendre la peine d'attendre la monnaie (il est évident que sinon tu ne laisserais pas de pourboire), le taulier, je disais donc, accompagnait la radio de bon cœur et surtout de sa voix de fausset. Rien de tel pour se sentir chez soi et provoquer un déluge d'idées plus ou moins heureuses -- tout pour faire suffisamment de boucan sous ma boîte crânienne pour en oublier la musicale ambiance.

Revenons-en à nos greluches.

[+]

samedi 10 janvier 2009
in Salt Peanuts

Pitites Zannonces

Pendant que certains en sont encore à digérer leur dinde aux marrons, leur trop-plein de champagne et leur galette des rois, Kozlika, elle, s'active et nous offre deux événements[1] blogo-machintruquesques.

Tout d'abord, les sabliers reprennent du service dès lundi (à 21h heure de Paris). Rejoignez-nous, pendant neuf jours d'affilée ou un soir seulement, pour une folle série de sabliers givrés !

Et puis, dans la plus pure tradition des Linux Install Parties de ma jeunesse[2], l'équipe dotclear propose une Dotclear Install Party à Paris. Pour participer (d'un côté comme de l'autre, mais surtout du côté « je voudrais bien installer mon propre blog sous dotclear mais tout ça, ça me fait très peur, et en plus les geeks ils font rien qu'à manger de la pizza froide tout le temps[3] ») et choisir la date de la rencontre entre le dimanche 15 février, le samedi 14 mars et le dimanche 14 mars, rendez-vous sur le site du sondage de Dotclear et Grenadine.

Sinon, vous aurez peut-être remarqué que j'ai intégré mes mises à jour touitter à AmRhaps (oui, là, juste au-dessus, il suffit de lever un peu les yeux). Avant même que Rue89 n'ait déclaré Twitter « encore très avant-gardiste (et confidentiel) en France ». Et, oui, c'est souvent en anglais, mais je ne vous oblige pas à lire, non plus.

Bientôt, promis, je passe à dotclear2.

Dernière chose : si vous êtes en bonne santé, ne revenez pas d'un voyage dans une contrée exotique, n'avez pas eu de comportement sexuel à risque, etc, etc, etc, l'EFS (Établissement Français du Sang) a besoin de vous. Allez donner votre sang (ou vos plaquettes, si vous avez le temps) le plus rapidement possible. Informations pratiques sur où donner et quelles conditions remplir pour être donneur sur http://www.dondusang.net. Et arrêtez de chouiner que voir son sang s'écouler dans un tuyau ça fait peur, moi je trouve ça joli mais vous personne ne vous force à regarder. Et si vous avez peur de tomber sur quelqu'un qui n'est pas foutu de trouver votre veine quasiment invisible, rassurez-vous, on pourra faire un concours de mini cicatrices la prochaine fois qu'on se verra, c'est un sacrifice qui en vaut la peine.

Notes

[1] que je persisterai à écrire avec deux accents aigus jusqu'à ce que mort s'ensuive — ou à peu près — fallait pas m'emmerder avec ça en sixième pour réformer l'orthographe quelques années après

[2] De toute façon je suis pas vieille je te signale (même si je prétends parfois l'être suffisamment pour refuser de répondre à la question « alors, ça te fait quel âge ? » de la part de gens qui ne savent pas encore que j'ai commencé ma thèse à vingt ans, pas que j'aie honte mais des fois c'est bien d'avoir la paix aussi)

[3] Un a priori dégueulasse, le micro-onde, tu crois qu'il sert à quoi ?

mardi 6 janvier 2009
in 'S Wonderful

Deux fois douze, trois fois huit, quatre fois six

On y a trinqué à l'Amstel à Amsterdam le 15 décembre puisque c'était mon cadeau que d'y aller, à Amsterdam.

On y a brièvement repensé le temps d'une chanson, d'une carte et d'un cadeau le 22 décembre chez mes grands-parents, puis rebelote le 24 de l'autre côté de la famille.

On l'a fêté plus dignement le 27 avant que ma ptite mère ne reparte de Paris, ce qu'elle n'a pas fait sans m'avoir offert en plus d'Amsterdam une étoile de Saint-Vincent sertie en pendentif (mais beaucoup plus joliment que sur la photo de Wikipedia), parce que je suis une enfant pourrie-gâtée, et qu'il faudrait voir à ce que je n'oublie pas d'où je viens.

[+]

samedi 3 janvier 2009
in 'S Wonderful

Une de plus

Malgré le manque de coopération de l'aéroport de Chicago O'Hare qui m'en veut personnellement à moi-même (voir la dernière fois que j'y ai mi les pieds), je suis bien rentrée à Irvine, où j'ai retrouvé mon lit (mon vrai lit, qu'il n'est nul besoin de replier dans la journée, avec mes oreillers juste comme je les aime et toute la place pour m'étaler) avec extase.

J'ai savouré chaque instant de mon séjour en Europe, car même les inévitables drames familiaux n'ont pas réussi à trop gâcher mon plaisir ; je vous raconterai. Pas les drames familiaux, le séjour, hein, faut pas pousser. 2008 s'est terminée en beauté et 2009 a commencé avec classe et distinction (si, si, j'ai trouvé) et il est largement temps de vous souhaiter à tous, lecteurs assidus ou de passage, fidèles des commentaires ou présences discrètes, une très belle année 2009, pleine de rires, de sourires, de projets qui se réalisent, de découvertes qui émerveillent et d'instants de bonheur. Avec de grandes embrassades parce que c'est chouette aussi, le contact humain, surtout quand il ne s'agit pas du corps de ton voisin de siège qui s'effondre sur toi en dormant dans l'avion.

Le tout en image (car il est bien connu du moins de ceux qui me fréquentent en région parisienne qu'il m'est difficile de passer devant Notre-Dame sans la prendre en photo à moins de ne pas avoir d'appareil et encore je serai capable d'agresser un innocent touriste japonais pour lui emprunter son matos).

Happy 2009!

lundi 8 décembre 2008
in I'm a Stranger Here Myself

Et un raton laveur

Vendredi soir, dans l'appartement situé au rez-de-chaussée de mes copains R et T, vers la fin de la soirée qu'ils ont organisée pour les fêtes, à grands renforts de musique appropriée, lait de poule, rhums-canneberge-gingembre, pop-corn caramélisé, cookies et apple cider (une sorte de jus de pomme non filtré, auquel on rajoute des épices, mais qui n'est pas alcolisé et ne mérite donc pas le nom de cidre en français), sans parler du white elephant (un jeu qui permet de s'échanger des cadeaux généralement peu chers et tout aussi peu utiles) qui m'a permis de remporter un gros pavé à lire dans mes longues soirées d'hiver.

La plupart des (nombreux) invités sont repartis et il ne reste que huit ou neuf d'entre nous. T a libéré le chat qui était enfermé dans la chambre afin de ne pas se faire marcher dessus, la conversation va bon train et je gratouille distraitement l'énorme matou derrière les oreilles. Le fauteuil à bascule sur lequel je me balance vaguement est dos à la porte-fenêtre et le chat observe le monde extérieur.

[+]

lundi 8 décembre 2008
in I'm a Stranger Here Myself

Krazy Kitty fête Thanksgiving

Ante Scriptum Ça traine depuis tellement de temps dans mes brouillons, ce truc-là, autant le publier maintenant. Je vous raconte le raton-laveur bientôt (si j'ai le temps).

Et de quatre ! Déjà ? Je suis surprise à la fois d'avoir déjà célébré quatre fois aux États-Unis le quatrième jeudi de novembre et d'être déjà en décembre... je n'ai toujours pas allumé le chauffage. En tout cas je suis familière avec la tradition maintenant. Suffisamment pour avoir accepté d'organiser un repas chez moi... et invité huit personnes. Heureusement je suis loin d'avoir fait toute la cuisine (chacun a participé, et je n'ai pas eu à prendre la lourde responsabilité de la dinde) ; moi je me suis contentée de rendre l'appartement présentable, d'accueillir tout ce beau monde, de servir une sangria à la grenade en guise d'apéritif et de cuisiner une partie des desserts, ainsi que la sauce aux airelles canneberges. Et aussi d'envoyer des emails aux gens pour essayer de faire en sorte que les choses se passent bien, d'avoir le bon nombre de chaises et un menu qui couvre largement la tradition.

C'était très chouette, on a beaucoup ri, beaucoup mangé, tout était très bon et même que les Eagles ont gagné leur match de football américain (car oui, Thanksgiving s'articule autour des quatre F: Food, Friends, Family et Football), ce qui était remarquable pour les deux Pennsylvaniens présents, car cette équipe de Philadelphie est très connue pour sa tendance à mener le jeu pour perdre à la dernière minute (souvent littéralement). En détails :

[+]

Je lis

Surtout des polars. À l'occasion, des romans de fantasy loufoque, du théâtre, de la littérature chinoise traduite en italien (j'ai des amis formidables), des vrais livres bien écrits.

J'écoute

of Montreal, Caravan Palace, the Ditty Bops, Dango Reinhardt, the National, Minor Majority, Léo Ferré, Beethoven, Sonny Rollins, Laura Marling, Erlend Øye, Hjaltalin, Sufjan Stevens, Yuri Bashmet. Entre (nombreux) autres.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

Mentions (presque) légales

Blog garanti sans conservateurs.
Déconseillé aux moins de 36 mois.
A manipuler avec précaution.
Attention, chaton méchant.*
 
* Rayer les mentions inutiles.