American Rhapsody
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mardi 27 septembre 2011
in I'm a Stranger Here Myself

Repas dominical

Nous débattions hier midi, comme il en est malheureusement souvent le cas, et parce qu'il y a matière et en raison de la pauvreté occasionnelle de nos conversations (c'était un lundi, ce qui sans nulle doute a contribué à la vacuité de nos esprits), de la qualité de plus en plus déplorable de notre déjeuner (pâtes qui collent, sel à la viande, légumes gras au goût de bouillon cube, un poème).

« Ce week-end, j'ai fait des pommes de terre. » annonça l'air rêveur et les yeux brillants un des thésards allemands attablés devant notre regrettable pitance. « C'était trop bon. »

— « Des pommes de terre ? » s'enquit une chercheuse chinoise d'un ton dubitatif.

— « Oui, sautées, avec du romarin, et du steak. » répondit-il en salivant.

Et c'est ainsi que je compris que dans ce pays, la viande accompagne les pommes de terre et non pas l'inverse.

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vendredi 22 juillet 2011
in Trav'lin' Light

Que deviennent, que deviennent

Oui. J'ai eu cette chanson dans la tête pendant les six jours que j'ai passés à Vienne. Elle m'est venue dans l'avion, avant même que celui-ci ne décolle, et je savais d'ores et déjà qu'elle n'allait pas me lâcher. Et comme je suis généreuse, je partage. Ne me remercie pas, c'est tout naturel. Dans la Rome Antique / Errent les romantiques / Les amours infidèles / S'écrivent sur logiciel, ça vaut son pesant de Julien Gracq. Poum pam pam poum pam pam poum pam pam poum pam pam.

J'étais à Vienne, donc, pour une conférence.

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jeudi 7 juillet 2011
in Trav'lin' Light

Krazy Kitty netweurke à donf

Moi qui aime tant les voyages, j'ai été gâtée la semaine dernière par non pas une mais deux réunions de bon aloi entre académiques.

La première : à Berlin (sept heures de train dans chaque sens), pour fricoter avec quelques six ou sept cent heureux bénéficiaires de la même fondation qui me permet de m'acheter mes yaourts et mes billets d'avion tout en servant la science, tout le monde en costume pour écouter les beaux discours et de la Kanzlerin et du Président de la République Fédérale de Germania.

La deuxième : dans une auberge d'un patelin du Jura souabe à l'interminable nom d'environ une syllabe par habitant, enfermée pendant presque deux jours entiers avec quarante-six collègues, dont quarante biologistes, à présenter des travaux qui ne m'appartiennent pas découverts avec une certaine perplexité dans le train de retour de Berlin.

L'avantage de ne pas s'attendre à grand chose est qu'on ne risque pas d'être déçue et tout s'est donc fort bien passé.

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dimanche 26 juin 2011
in Trav'lin' Light

Krazy Kitty en Scandinavie

Préambule : je blogue une fois tous les trente-six du mois, mais quand je le fais, tu n'es pas volé sur la marchandise. Ce qui suit est donc long, je te préviende. J'ai mis des photos, du gras, et des listes à puce pour égayer, va, ne t'en fais pas.

J'avais déjà avant ce court séjour à Stockholm une certaine familiarité avec la Scandinavie, ayant vécu 4-5 mois au Danemark il y a fort longtemps. Cependant, si le Danemark fait partie de la Scandinavie dans son sens le plus courant (je viens de vérifier sur Wikipédia, alors), et si la langue qu'on y parle ressemble étrangement au norvégien et au suédois tant que personne n'ouvre la bouche pour la parler (les Suédois disent que les Danois parlent avec une patate chaude dans la bouche ; personnellement, j'estime qu'ils vomissent plus qu'ils ne parlent ; sérieusement, même le souabe est mélodieux comparé au danois), je refuse de faire aux autres scandinaves l'injure de les amalgamer aux Danois.

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jeudi 23 juin 2011
in 'S Wonderful

Répicatulons

On me faisait remarquer récemment, et à juste titre, que je ne bloguais plus. Ma vie, se demandait-on, serait-elle devenue si morose que je n'aurais plus le moindre billet à en tirer ? Sachant que je réussissais à pondre régulièrement des bêtises à l'époque où je rédigeais ma thèse, période de ma vie qui n'était pas sans rappeler cette célèbre Une de Charlie Hebdo, « Trente ans dans un mur ou la vie d'une brique », il aurait vraiment fallu que je tombe dans l'ennui le plus indescriptible pour que cela soit la raison de mon silence. En y réfléchissant un peu, je crois que la raison de mon silence est simple : j'ai redécouvert qu'il existait une vie ailleurs que de l'autre côté de mon écran d'ordinateur. Un commentaire qui fera rire les moins accros à la technologie et au Ternet d'entre vous, à la vue de mes parfois longues heures de travail derrière ledit écran, et de la fréquence de mes interventions sur Twitter, Facebook, et les blogs des autres gens.

Hors de question cependant de laisser les lieux complètement à l'abandon, et c'est pourquoi je vous propose aujourd'hui, à vous deux lecteurs et demi encore dans les parages grâce à la magie du RSS, un bref (ou pas si bref que ça, je rappelle que je souffre de logorrhée verbale) bilan de mes presque quatre premiers mois de Research Scientist (je ne me lasse pas du titre, scusez-moi) en Germanie du Sud.

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vendredi 20 mai 2011
in Stormy Weather

Ce que je retiens de l'Affaire

Non pas Dreyfus, mais DSK (les Juifs sont partout et moi aussi je peux faire de l'humour de merde).

(1) La France est un pays dans lequel beaucoup, beaucoup de Gens Importants considèrent que les Gens Importants doivent être traités avec la déférence qui leur est due du fait de leur importance et non pas comme les autres criminels, et n'hésitent pas à le dire.

(2) La France est un pays encore très, très sexiste. cf. « Humour franchouillard ».

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lundi 16 mai 2011
in I'm a Stranger Here Myself

Mèèèèèh

Gens,

Tu auras remarqué que je suis tellement zoccupée à (1) voyager de par l'Europe (2) raconter des bêtises (généralement en anglais) sur Touiteur (3) me faire de longues balades (4) glandouiller sur le Ternet mondial (5) éventuellement, mériter mon bretzel quotidien[1], que ça commence à prendre sérieusement la poussière, par ici.

(Alors que quand j'étais en thèse et que je passais ma vie à (1) bosser (2) danser (3) bosser, je bloguais. Go figure.)

Nonobstant, il m'arrive des zaventures formidables (formi formi formi sol si... do[2]), du genre de celles qui sont tellement extraordinaires que tu ne peux t'empêcher de regarder ton reflet dans une flaque d'eau sale[3] et de te dire « ça, c'est blogable ». Pour ensuite ne pas les bloguer.

Par chance, j'ai vécu l'une des plus récentes (et plus merveilleuses) de ces aventures en la chatoyante compagnie de Pétronille Du Beulogue (Impératrice de son état). Qui elle, continue de bloguer contre vents et marées, et la relate donc ici dans ce qui promet d'être un volet à épisodes.

Ces longs prolégomènes pour te dire, allez, va lire le tizeur. Oui, y a qu'un tizeur pour l'instant. Mais bientôt, y aura une chèvre (je te fais le tizeur du tizeur). D'où mon titre.

Bien la bise à ton oryctérope.

Notes

[1] Non, je ne mange pas du bretzel chaque jour, c'est une figure de style

[2] Fiat lux

[3] Ceci est une référence obscure et à Eat, Pray, Love, que je n'ai pas lu, et à cette revue du New York Time, que j'ai lue. De toute façon, je fais des références obscures qui ne font rire que moi si je veux.

dimanche 20 mars 2011
in Trav'lin' Light

Messa per Rossini

Ce qui est bien, en Allemagne, c'est que la musique classique est une affaire qui va de soi, plutôt que d'être comme aux Stazunis un truc de connaisseurs réservés à ceux qui ont du temps, de l'argent et des beaux vêtements à mettre dedans. J'en suis donc à mon troisième concert classique en autant de mois, sans avoir même fait l'effort de me renseigner, ils me sont tombés dessus sans que je demande rien.

Ce soir, c'était Missa per Rossini à la collégiale. Gratuit, mais servant de collecte à une association qui s'occupe d'offrir des vacances à des enfants de pays en guerre (initialement, en ex-Yougoslavie, actuellement, en Israël et Palestine). Après leurs belles vacances où ils ont appris à s'aimer entre gamins de religions différentes dont les papas se tapent dessus, on les renvoie à leur misère les yeux plein d'espoirs et le cœur plein d'idéaux : c'est beau.

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mercredi 16 mars 2011
in Trav'lin' Light

Guten Tag, Deutschland

Voici plus de deux semaines que je suis installée-pour-de-bon en Germanie-du-Sud et que j'ai commencé à travailler histoire de mériter mon exorbitant salaire mensuel (exorbitant comme deux fois ce que je gagnais en première année de thèse, c'est te dire comme ça rapporte, le doctorat ; exorbitant aussi comme dans quelqu'un s'est mélangé les pinceaux et j'ai été payée deux fois en mars mais je doute que ça dure).

Ne me demande pas ce que je fais comme boulot, je n'en sais rien moi-même — l'avantage de m'être catapultée dans un domaine d'application dont je ne connais quasiment rien et de fourrer mon nez dans les projets de tout le monde tout en essayant de faire vivre celui que j'ai décrit un peu au pif pour la fondation qui me paye mes yaourts quotidiens. Je m'y plais cependant, appréciant tout autant les grandes fenêtres de mon bureau (que je partage essentiellement avec des gens qui ne sont jamais là) que les conversations scientifiques, tableau blanc à l'appui, qui commençaient à me manquer.

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dimanche 6 février 2011
in Trav'lin' Light

Wochenend und Sonnenschein

Wochenend und Sonnenschein und dann im Wald mit dir allein, weiter brauch' ich nichts zum glücklich sein, Wochenend und Sonnenschein! Kein Auto, keine Chaussee, und niemand in uns'rer Näh! Tief im Wald nur ich und du, der Herrgott drückt ein Auge zu, denn er schenkt uns ja zum Glücklich sein, Wochenend und Sonnenschein!

Que les germanistes parmi vous se rassurent, je n'ai que faire de me retrouver au fond des bois seule avec un hypothétique galant et il suffit d'un week-end et de quelques rayons de soleil pour faire mon bonheur. Par chance le Bade-Wurtemberg s'est enfin décidé à nous faire une fleur et nous a accordé un radieux dimanche après-midi, qui m'a permis d'arrêter de râler comme un putois. Chose que je faisais sans relâche depuis mardi.

Notons cependant que l'absence de soleil n'est pas la seule raison de ma mauvaise humeur. Je pourrais essayer de dresser un tableau complexe des diverses raisons qui influent sur mon état d'esprit, depuis le niveau de difficulté de mes cours jusqu'au froid dans les couloirs en passant par la rection des verbes allemands, mais je ne vais pas me gêner pour tout ramener à un seul facteur : je schtroumpfe pas les nouveaux.

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Je lis

Surtout des polars. À l'occasion, des romans de fantasy loufoque, du théâtre, de la littérature chinoise traduite en italien (j'ai des amis formidables), des vrais livres bien écrits.

J'écoute

of Montreal, Caravan Palace, the Ditty Bops, Dango Reinhardt, the National, Minor Majority, Léo Ferré, Beethoven, Sonny Rollins, Laura Marling, Erlend Øye, Hjaltalin, Sufjan Stevens, Yuri Bashmet. Entre (nombreux) autres.

Je suis

occupée ouh là beaucoup très très, enchantée par Oscar Wilde (One should always be a little improbable), vaguement improbable, toujours aussi liberté, égalité, schtroumph 1er (merci Plantu).

Pensée profonde

"Partir, c'est mourir un peu. Mais mourir, c'est partir beaucoup."
[Alphonse Allais]

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